Préserver son cœur des troubles : pourquoi la foi s’affaiblit et comment la protéger
Un rappel sur les maladies du cœur, les ambiguïtés, les passions, les dangers du regard et du téléphone, et les moyens de préserver sa foi.
Parmi les plus grandes choses dont le musulman et la musulmane doivent prendre soin, il y a le cœur. Le cœur est un petit morceau de chair, mais tout le corps repose sur lui. S’il est bon, le corps entier le sera. S’il est corrompu, le corps entier le sera aussi.
À retenir
- La rectitude du cœur est une affaire immense : celui qui veut préserver sa foi doit d’abord prendre soin de son cœur.
- Les troubles atteignent principalement le cœur par deux portes dangereuses : les ambiguïtés et les passions.
- La science authentique, la fréquentation des savants, la maîtrise du regard et l’usage contrôlé du téléphone protègent la foi.
- Les parents doivent planter dans le cœur de leurs enfants la foi, la grandeur d’Allah, l’amour du Prophète ﷺ et multiplier les invocations.
Le cœur : centre de la rectitude du corps
Le Prophète ﷺ a dit : « Il y a dans le corps un morceau de chair qui, s’il est bon, le corps entier le sera, et s’il est mauvais, le corps entier le sera. Ce morceau de chair est le cœur. »
C’est pour cela que le croyant ne doit pas négliger son cœur. Même le Prophète ﷺ, alors que ses péchés passés et futurs lui avaient été pardonnés, prenait grand soin de son cœur. Il disait souvent : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis mon cœur sur Ta religion. »
Lorsqu’il fut questionné sur la raison pour laquelle il répétait beaucoup cette invocation, il expliqua que les cœurs sont entre deux doigts du Tout Miséricordieux. Allah les retourne comme Il veut. Il rend droit qui Il veut et fait dévier qui Il veut.
Le Prophète ﷺ invoquait aussi en disant : « Ô Allah, place dans mon cœur une lumière. » Il disait également : « Ô Allah, accorde à mon âme sa piété et purifie-la, car Tu es le meilleur à la purifier. Tu es son Maître et son allié. »
La rectitude du cœur est donc une affaire immense. Celui qui veut préserver sa foi doit d’abord prendre soin de ce cœur.
Faire du cœur un serviteur d’Allah
Parmi les plus grandes choses qui aident le cœur à être pieux, sain et préservé des maladies, il y a le fait d’en faire un serviteur d’Allah.
Cela signifie que le cœur doit ressentir l’objectif pour lequel Allah nous a créés : Son adoration et Son unicité.
Allah dit : « Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » Sourate 51, verset 56
Lorsque le cœur connaît véritablement Allah, il Le craint. Il se soumet. Il devient humble devant Lui. Il s’abaisse pour Allah.
Mais ce cœur peut aussi être atteint par des troubles et des maladies. Le musulman doit donc s’éloigner de tout ce qui peut troubler son cœur et l’atteindre.
Les troubles exposés aux cœurs
Le Prophète ﷺ a mentionné un hadith immense sur les troubles. Il a expliqué que les troubles sont exposés aux cœurs successivement, comme les brins de bois se suivent dans une natte.
Chaque cœur qui absorbe ces troubles reçoit une marque noire. Puis les cœurs finissent par devenir de deux types.
Le premier est un cœur blanc, pur. Aucun trouble ne lui nuit tant que dureront les cieux et la terre.
Le second est un cœur très noir, comme une cruche renversée. Il ne reconnaît plus le convenable et ne blâme plus le blâmable. Il ne possède que les passions dont il a été abreuvé.
Cela montre que le cœur peut être exposé aux troubles, puis les absorber, jusqu’à perdre sa clarté.
Ces troubles reviennent principalement à deux maladies dangereuses : la maladie des ambiguïtés et la maladie des passions.
Le croyant raisonnable doit donc être attentif, surtout à une époque où les troubles sont nombreux. Le Prophète ﷺ a dit : « Le bienheureux est celui qui a été écarté des troubles. »
Le Prophète ﷺ était miséricordieux envers sa communauté. Il veut que sa communauté arrive au bassin. Mais certains membres de sa communauté sont happés par les troubles, tombent dans l’opposition à sa voie, et peuvent même être rejetés du bassin. Le refuge est auprès d’Allah.
Première maladie : les ambiguïtés
Les ambiguïtés peuvent provenir d’une assise, d’une fréquentation, d’un extrait vidéo, d’un audio, d’un téléphone, d’une chaîne ou d’autre chose. Une ambiguïté peut alors se coller au cœur et y entrer.
Si cette ambiguïté ne rencontre pas une foi forte et une science enracinée, elle peut ravager le cœur. Le pied de la personne peut alors flancher.
Parmi les causes qui permettent à cette maladie d’atteindre le cœur, il y a le peu de science et le manque de compréhension de la religion.
La religion ne se limite pas à mémoriser des textes. Il faut comprendre, mettre en application et suivre.
Lorsque l’on observe l’Histoire, depuis l’époque des Compagnons jusqu’à aujourd’hui, on trouve de nombreux exemples de personnes dont le pied a flanché. Des troubles ont été exposés à leurs cœurs, puis elles ont dévié du chemin. Certaines sont même devenues opposées à cette religion.
L’exemple de ‘Abd Ar-Rahman Ibn Mouljam
Un exemple important est celui de ‘Abd Ar-Rahman Ibn Mouljam.
‘Oumar, qu’Allah l’agrée, l’envoya vers les Égyptiens pour leur lire le Coran, car il faisait partie de ceux qui mémorisaient le mieux le Coran.
Puis les jours passèrent. Le temps s’écoula. Il commença à côtoyer les adeptes des troubles. Il se détourna du droit chemin jusqu’à tuer le prince des croyants, ‘Ali, qu’Allah l’agrée.
Cela montre le danger d’une science faible, d’une compréhension faible et de l’absence de suivi de la voie du Prophète ﷺ.
Il avait mémorisé le Coran, et peut-être même la Sounna, mais il a manqué à la compréhension des textes selon la compréhension des pieux prédécesseurs. Il n’a pas suivi les savants, mais il a côtoyé les gens des troubles.
Le chemin sûr de la science
Aujourd’hui, il est nécessaire d’éduquer nos fils, nos filles et les enfants des musulmans sur le chemin sûr : le chemin de la science.
Les pieux prédécesseurs, et en particulier les Compagnons, ont reçu cette compréhension directement du Prophète ﷺ, qui ne parlait pas sous l’effet de la passion.
Il est donc impératif de côtoyer les savants enracinés dans la science : ceux dont la science est fiable, ainsi que la croyance, le comportement et le cheminement vers Allah.
- Le Livre d’Allah.
- La Sounna du Prophète ﷺ.
- La compréhension des pieux prédécesseurs.
- L’intermédiaire des savants enracinés dans la science.
L’ignorance : une maladie chronique
Ibn al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a parlé de la maladie chronique qu’est l’ignorance.
Lorsqu’une personne est atteinte d’une maladie physique dangereuse, elle se précipite vers le traitement. Même si cela coûte cher, elle dépense pour se soigner.
Alors que dire de la maladie de l’ignorance, qui atteint la communauté aujourd’hui, et dont certaines personnes ne se rendent même pas compte ?
Cette maladie est meurtrière. Sa guérison repose sur deux choses qui ne doivent pas être séparées : un récit du Coran ou de la Sounna, et le savant éducateur.
Ces deux choses ne peuvent pas être séparées. Il est donc nécessaire de côtoyer les savants et de revenir à la compréhension des pieux prédécesseurs.
Le danger des réseaux et des contenus non maîtrisés
Beaucoup de jeunes sont atteints parce qu’ils s’opposent à ce chemin.
Un jeune ou une jeune femme peut se rendre sur les réseaux sans savoir qui transmet ce qu’il écoute. Il croit écouter un savant, puis il tombe dans le péché et les troubles.
Certains parents pensent que leurs enfants ne sont pas exposés aux troubles parce qu’ils ne sortent pas.
Mais lorsqu’on leur demande si leurs enfants s’assoient auprès des savants connus, ils répondent non. Puis ils expliquent que leurs enfants restent à la maison, sur l’ordinateur, tout le temps dessus.
C’est ici que peut venir la calamité.
Le fait de ne pas sortir ne signifie pas que le cœur est protégé. Les troubles peuvent entrer par l’ordinateur, le téléphone et les contenus consommés.
Deuxième maladie : les passions
La maladie des passions fait aussi partie des maladies très dangereuses, surtout à notre époque, car les causes qui y mènent sont nombreuses.
Il existe des canaux qui conduisent au cœur : le regard, l’ouïe et d’autres canaux.
Le canal le plus vaste et le plus dangereux est celui du regard. Le regard est l’une des plus grandes portes par lesquelles le diable pénètre. C’est pour cela qu’Allah et Son Messager ﷺ ont ordonné de baisser le regard.
Le regard a un impact direct sur le cœur.
Le téléphone portable : un compagnon permanent
Les gens sont éprouvés aujourd’hui par un compagnon qui ne les quitte presque jamais : le téléphone portable.
Il accompagne l’homme et la femme, le petit et le grand. Même pendant le sommeil, beaucoup le placent à côté d’eux.
Ce téléphone peut contenir un bien immense pour celui qui veut le bien. Mais il peut aussi ouvrir une porte vers le mal si ce bienfait est mal utilisé.
Les troubles sont comparés à des rideaux. Une porte peut être fermée, et l’ouvrir peut demander un effort. Mais un rideau s’ouvre par un simple mouvement, même très léger.
De la même manière, les troubles accessibles par le téléphone peuvent être ouverts très facilement.
Si la personne ouvre ces rideaux, elle avance vers ce qu’il y a derrière. Il se peut alors que le trouble prenne le dessus sur son cœur.
Un seul regard, même non intentionnel, peut avoir un effet sur le cœur. Puis le diable pousse la personne à regarder encore et à poursuivre son regard.
Le cœur peut alors devenir aveugle, tomber malade, et les troubles peuvent s’accumuler.
Le regard embellit ce qui est interdit
Le regard peut faire voir à l’individu une chose inaccessible d’une manière différente de sa réalité.
Par exemple, une image illicite sur un téléphone peut être embellie par le diable. Il la montre d’une manière différente de ce qu’elle est réellement.
La personne voit une image embellie, alors que la réalité est autre.
Le remède est de s’en abstenir par crainte d’Allah, en ressentant qu’Allah observe Son serviteur.
Lorsqu’on demanda à certains prédécesseurs le remède de celui qui laisse libre cours à son regard, la réponse fut que le remède est de savoir que le regard d’Allah sur toi précède ton regard vers ce que tu regardes.
Lorsque le serviteur ressent que le regard d’Allah le précède, cela l’aide à baisser le regard, par la permission d’Allah.
Estimer Allah comme Il doit l’être
Le serviteur doit ressentir l’immensité d’Allah.
Allah dit : « Ils n’ont pas estimé Allah comme Il devrait l’être. » Sourate 39, verset 67
Allah est Celui qui, au Jour de la Résurrection, fera de la terre entière une poignée, et les cieux seront pliés dans Sa main droite.
Allah est le plus Grand. Sa science cerne toute chose.
Par Sa bienveillance, Allah ne saisit pas immédiatement le serviteur lorsqu’il pèche. Il le couvre et lui laisse la possibilité de se repentir.
Mais le serviteur doit prendre garde. Il ne doit pas persister dans le péché jusqu’au moment où Allah saisit son âme alors qu’il est encore dans cette désobéissance.
La porte du repentir reste ouverte
Allah est miséricordieux envers Ses serviteurs.
Il tend Sa main la nuit afin que celui qui a péché le jour se repente. Il tend Sa main le jour afin que celui qui a péché la nuit se repente.
Il a même proposé le repentir à ceux qui faisaient subir des épreuves aux croyants et aux croyantes, ceux qui les jetaient dans des fossés et les brûlaient.
Allah dit : « Ceux qui font subir des épreuves aux croyants et aux croyantes, puis ne se repentent pas… » Sourate 85, verset 10
Cela montre l’immense miséricorde d’Allah et Sa bienveillance envers Ses serviteurs.
La vie est courte. Elle ne dure pas. Trente ans, quarante ans, cinquante ans : tout cela est court.
Le croyant doit donc remplir son temps par l’obéissance à Allah, s’éloigner des lieux de troubles, soumettre son cœur et le libérer de ce qui le corrompt.
Lorsque le cœur est sain, les adorations ont un effet
Lorsque le cœur est préservé, les adorations produisent leurs effets.
Si la personne invoque, elle est exaucée. Si elle prie, elle trouve le recueillement. Si elle lit le Coran, elle peut pleurer. Si elle adore Allah par une adoration quelconque, elle trouve l’impact de cette adoration.
Mais lorsque le cœur est malade, aveuglé et dur, la personne peut dire : « Je lis le Coran, mais je ne ressens aucun profit. » Ou encore : « Je prie, mais c’est comme si je n’avais pas prié. »
Le diable cherche à faire pencher le cœur vers les troubles. C’est pourquoi les maladies du cœur et les insufflations sont nombreuses à notre époque.
Certaines personnes arrivent même à des situations très graves : elles se plaignent de pensées et de doutes qui les effraient, jusqu’à douter de la présence d’Allah ou à être troublées lorsque l’appel à la prière mentionne l’unicité d’Allah et le témoignage que Mouhammad ﷺ est Son Messager.
La cause est que les troubles sont entrés sans que la personne soit solidement ancrée sur le chemin sûr.
Le rôle des parents
Les pères et les mères doivent prendre soin de leurs fils et de leurs filles.
Il est impossible de suivre ses enfants à chaque instant, et cela peut même avoir un impact négatif dans l’éducation.
Il faut plutôt planter dans leurs cœurs la foi, la grandeur d’Allah, l’amour du Prophète ﷺ et les biographies bénéfiques de ceux dont les gens tirent profit.
Mais avant cela, les parents doivent eux-mêmes être vertueux. Ils doivent s’efforcer de corriger leurs propres personnes.
Allah dit : « Et leur père était un homme vertueux. » Sourate 18, verset 82
La vertu du père et de la mère est une cause de la vertu des enfants, par la permission d’Allah.
Après cela, il ne faut pas négliger une chose immense : l’invocation. Il faut invoquer Allah en faveur de ses enfants, leur faire le rappel, leur rappeler la crainte d’Allah, puis multiplier les invocations pour eux.
Par la permission d’Allah, ils peuvent revenir.
Les quatre témoins qui corrigent le cœur
Ibn al-Qayyim a mentionné dans Miftah Dar As-Sa‘adah quatre témoins du cœur qui sont, par la permission d’Allah, des causes de sa correction.
Le premier est le témoin de ce bas monde. Le serviteur se rappelle l’état de cette vie, sa disparition, sa bassesse et ce qu’elle contient comme troubles. S’il place ce témoin dans son cœur, il renonce à ce bas monde. Et s’il renonce à ce bas monde, il s’attache à l’au-delà.
Le deuxième est le témoin du Feu. Le serviteur se rappelle l’intensité de son châtiment et de son supplice. À ce moment, le cœur se défait des péchés et des désobéissances. Celui qui se rappelle le Feu se dit : « J’ai peur que ce péché m’amène dans le Feu. »
Le troisième est le témoin du Paradis. Le serviteur se rappelle ce qu’Allah a préparé pour Ses serviteurs comme délices permanents : ce qu’aucun œil n’a vu, ce qu’aucune oreille n’a entendu et ce qu’aucun cœur n’a pu concevoir.
Le quatrième est le témoin de la vision d’Allah. S’il place ce témoin dans son cœur, ce cœur s’empresse vers son Seigneur plus vite que le vent dans sa course. Il se précipite vers ce qui satisfait Allah.
C’est ainsi que certaines personnes sont constamment en compétition dans le bien : elles combattent leur âme et ont placé ces témoins dans leur cœur.
La réussite vient d’Allah
Tout bien qui atteint le serviteur, toute réussite, toute piété, ne vient pas uniquement de ses efforts.
C’est Allah qui accorde la réussite.
Allah dit : « C’est plutôt Allah qui vous a comblés de Sa faveur en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques. » Sourate 49, verset 17
Le croyant doit donc chercher refuge auprès d’Allah, demander Son aide et répéter les invocations du Prophète ﷺ.
Conclusion : demander à Allah de raffermir les cœurs
Le cœur est exposé aux troubles. Il peut être atteint par les ambiguïtés et les passions. Il peut être noirci par ce qu’il absorbe. Il peut aussi être corrigé, purifié et raffermi par la permission d’Allah.
Le musulman doit donc prendre soin de son cœur, le faire connaître Allah, s’éloigner des troubles, se protéger des ambiguïtés, se protéger des passions, rechercher la science authentique, revenir aux savants enracinés, baisser le regard, maîtriser l’usage du téléphone, planter la foi dans les cœurs des enfants, multiplier les invocations, et se rappeler ce bas monde, le Feu, le Paradis et la vision d’Allah.
Et il doit répéter : « Ô Toi qui retournes les cœurs, affermis nos cœurs sur Ta religion. »
« Ô Allah, Toi qui détournes les cœurs, tourne nos cœurs vers Ton obéissance. »
Ô Allah, nous cherchons refuge auprès de Toi contre les troubles apparents et cachés.
Ô Allah, préserve-nous, ainsi que nos familles, de la ruse du diable, de sa tromperie et de ses insufflations.
Ô Allah, accorde-nous une bonne fin, raffermis-nous sur la vérité jusqu’à ce que nous Te rencontrions, et fais que notre dernière parole ici-bas soit : « Il n’y a de divinité digne d’adoration en dehors d’Allah. »
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