Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh : l’homme digne de confiance de cette communauté
Biographie et rappels autour d’Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh, compagnon connu pour sa foi, sa pudeur, son humilité et son amânah.
Allah a honoré cette communauté par les Compagnons du Prophète ﷺ. Ce sont des hommes qu’Allah a choisis pour accompagner Son Messager, porter Sa religion, défendre la vérité et transmettre l’Islam aux générations suivantes.
À retenir
- Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh fut distingué par le Prophète ﷺ comme l’homme digne de confiance de cette communauté.
- Sa vie réunit pudeur, courage, humilité, loyauté, détachement du bas monde et sens profond des responsabilités.
- Son exemple rappelle que la vraie noblesse se trouve dans la foi, la sincérité, l’amânah et le bon comportement.
Introduction
Parmi ces nobles Compagnons se trouve Abou ‘Oubaydah ‘Âmir ibn al-Jarrâh, qu’Allah l’agrée. Il fut connu pour sa foi, sa pudeur, son humilité, son courage, son détachement du bas monde et surtout pour une qualité immense : la confiance.
Le Prophète ﷺ a dit que chaque communauté possède un homme digne de confiance, et que l’homme digne de confiance de cette communauté est Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh.
Connaître sa vie n’est pas seulement une manière d’apprendre l’histoire. C’est une source de rappels pour améliorer sa foi, purifier son comportement, renforcer sa patience et mieux préparer sa rencontre avec Allah.
Mini biographie
Qui était Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh ?
Abou ‘Oubaydah s’appelait ‘Âmir ibn ‘Abd Allah ibn al-Jarrâh. Il appartenait à Quraysh et sa lignée rejoignait celle du Prophète ﷺ à Fihr.
Il est né vingt-sept ans avant le début de la prophétie. Lorsque le Prophète ﷺ reçut la révélation, Abou ‘Oubaydah était donc encore jeune. Il fit partie des premiers hommes à embrasser l’Islam.
Sa conversion fut liée, après la grâce d’Allah, à l’appel d’Abou Bakr as-Siddîq, qu’Allah l’agrée. Abou Bakr fut une cause de guidée pour plusieurs grands Compagnons, parmi lesquels certains des dix annoncés au Paradis.
Abou ‘Oubaydah émigra deux fois : d’abord en Abyssinie, puis à Médine. Le Prophète ﷺ établit ensuite un lien de fraternité entre lui et Sa‘d ibn Mu‘âdh, l’un des grands maîtres des Ansâr.
Il participa aux batailles avec le Prophète ﷺ, fut envoyé dans plusieurs expéditions et joua un rôle majeur dans les conquêtes du Shâm. Il fut aussi aimé du Prophète ﷺ, d’Abou Bakr, de ‘Oumar et des Compagnons.
Un homme parmi les premiers musulmans
Abou ‘Oubaydah eut l’honneur d’entrer très tôt dans l’Islam. Cela montre la noblesse de son cœur et sa capacité à reconnaître la vérité lorsqu’elle lui fut présentée.
Il ne fit pas partie de ceux qui retardèrent leur réponse à l’appel d’Allah. Il accepta l’Islam dans les premiers temps, alors que les musulmans étaient faibles, peu nombreux et exposés à l’hostilité de Quraysh.
Ce rappel est important : la vérité ne se mesure pas au nombre de ceux qui la suivent, ni au confort qu’elle apporte au début. Les premiers musulmans ont souvent accepté l’Islam dans la difficulté, l’isolement et la pression sociale.
Abou ‘Oubaydah nous enseigne qu’un cœur sincère ne cherche pas d’abord la facilité. Il cherche d’abord ce qui plaît à Allah.
L’appel à Allah avec sagesse et douceur
Abou Bakr as-Siddîq fut une cause de guidée pour Abou ‘Oubaydah et pour plusieurs autres grands Compagnons. Cela montre la valeur immense de l’appel à Allah.
Appeler les gens au bien fait partie des plus grandes œuvres. Mais cet appel doit se faire avec sagesse, clairvoyance, miséricorde, douceur et calme.
Celui qui devient une cause de guidée pour les autres peut recevoir une part immense de récompense. Les bonnes œuvres accomplies par ceux qu’il a orientés vers le bien peuvent être dans sa balance le Jour de la Résurrection.
À l’inverse, détourner les gens de la religion d’Allah est une responsabilité grave.
Le musulman doit donc faire attention à ce qu’il transmet, à la manière dont il parle, et à l’effet qu’il produit sur les autres. Il ne suffit pas de dire la vérité. Il faut aussi la présenter avec justice, douceur et sincérité.
Son amour pour le Prophète ﷺ lors de la bataille d’Ouhoud
Lors de la bataille d’Ouhoud, le Prophète ﷺ fut blessé. Deux anneaux de son casque pénétrèrent dans ses joues.
Abou ‘Oubaydah voulut les retirer sans faire souffrir le Messager d’Allah ﷺ. Il s’approcha alors et retira les anneaux avec ses dents. En retirant le premier, il perdit une dent. Puis il retira le second et perdit une autre dent.
Malgré cela, il resta beau aux yeux des Compagnons. Sa beauté n’était pas seulement physique. Elle venait de son amour, de son sacrifice et de son service envers le Prophète ﷺ.
Ce passage montre que l’amour du Prophète ﷺ n’est pas une simple parole. C’est une loyauté, une obéissance, une défense de sa voie et une disposition à sacrifier son confort pour ce qu’il a apporté.
Sa pudeur et son bon comportement
Abou ‘Oubaydah était connu pour sa grande pudeur, sa bonne moralité et sa véracité.
Il faisait partie de ces hommes dont le visage était lumineux et dont le comportement était encore plus beau. Lorsqu’ils parlaient, ils ne mentaient pas. Lorsqu’on lui parlait, il ne soupçonnait pas immédiatement le mensonge, car sa propre habitude était la véracité.
La pudeur, chez lui, n’était pas de la faiblesse. C’était une noblesse intérieure. Il n’était pas dominé par l’orgueil, la brutalité ou le besoin de se mettre en avant.
Le musulman doit retenir cette leçon : la vraie beauté est dans le comportement. Une personne peut avoir du savoir, de l’intelligence ou un rang social, mais si son comportement est mauvais, cela diminue fortement sa valeur.
Abou ‘Oubaydah réunissait la force, la pudeur et la loyauté.
Ne pas rabaisser les gens par rancune personnelle
Lorsqu’une personne dénigra Abou ‘Oubaydah, il fut rappelé qu’il faisait partie des meilleurs hommes marchant sur la terre.
Ce rappel est essentiel. Il arrive qu’une personne ait un différend avec quelqu’un dans les affaires du bas monde. Mais cela ne lui donne pas le droit de devenir injuste dans ses paroles.
Le musulman doit reconnaître le bien chez les gens, même lorsqu’il existe un désaccord personnel. Il doit conseiller avec sincérité, parler avec vérité et éviter de transformer ses rancunes en accusations.
La langue peut faire beaucoup de dégâts. Elle peut enlever la bénédiction, créer l’injustice et devenir une cause de regret le Jour de la Résurrection.
Abou ‘Oubaydah nous apprend la pureté du cœur : reconnaître le mérite des gens, ne pas parler par jalousie, et ne pas utiliser les défauts des autres pour se venger.
Un modèle d’ascétisme
Abou ‘Oubaydah était détaché du bas monde.
Une fois, ‘Oumar ibn al-Khattâb lui envoya une somme importante. Abou ‘Oubaydah invoqua pour lui, puis distribua l’argent à différentes personnes jusqu’à ce qu’il n’en reste rien.
Il ne garda rien pour lui-même.
Cela montre que l’argent n’avait pas dominé son cœur. Il pouvait recevoir des biens, mais il les voyait comme un moyen d’obéir à Allah, d’aider les autres et de faire le bien.
Le rappel n’est pas que le musulman ne doit rien posséder. Le rappel est que le musulman ne doit pas être possédé par ce qu’il possède.
L’argent est utile lorsqu’il reste dans la main. Il devient dangereux lorsqu’il entre dans le cœur.
La patience dans la faim et la subsistance d’Allah
Dans une expédition, le Prophète ﷺ envoya trois cents hommes sous le commandement d’Abou ‘Oubaydah. Ils n’avaient qu’un sac de dattes.
Abou ‘Oubaydah distribuait une datte par personne. Les Compagnons la suçaient comme un enfant, puis buvaient de l’eau. Ils frappaient même les arbres pour faire tomber les feuilles, les mouillaient et les mangeaient.
Ils connurent donc une faim intense.
Puis Allah leur accorda une immense subsistance. Sur la côte, ils trouvèrent une énorme créature marine. Ils en mangèrent pendant un mois, jusqu’à retrouver leurs forces. Ils purent même en emporter avec eux.
Lorsqu’ils revinrent à Médine et informèrent le Prophète ﷺ, il leur indiqua que c’était une subsistance qu’Allah leur avait fait sortir.
Cette histoire contient un rappel profond : celui qui craint Allah ne doit pas désespérer. Les causes peuvent paraître faibles, la difficulté peut être réelle, mais Allah peut ouvrir une porte inattendue.
Le musulman doit patienter, rester dans le licite, faire les causes et garder confiance en Allah.
Avec la difficulté vient la facilité.
L’obéissance et le refus de la division
Lors de l’expédition de Dhât as-Salâsil, le Prophète ﷺ envoya des renforts sous le commandement d’Abou ‘Oubaydah. Mais une discussion apparut avec ‘Amr ibn al-‘Âs au sujet du commandement.
Abou ‘Oubaydah aurait pu défendre sa position. Il aurait pu insister sur le fait que le Prophète ﷺ l’avait placé à la tête des renforts. Mais il choisit l’unité.
Il rappela que le Prophète ﷺ avait recommandé l’obéissance mutuelle. Il accepta donc de se ranger sous le commandement de ‘Amr ibn al-‘Âs pour éviter la discorde.
Ce comportement montre la sincérité de son cœur.
Beaucoup de gens veulent avoir raison, commander, être reconnus ou défendre leur statut. Abou ‘Oubaydah, lui, voulait préserver l’unité des musulmans.
La sincérité apparaît souvent dans ce type de situation : lorsqu’on accepte de perdre une place apparente pour préserver un bien plus grand.
Son humilité malgré son rang
Abou ‘Oubaydah était de Quraysh. Il était aimé du Prophète ﷺ. Il faisait partie des dix annoncés au Paradis. Il fut appelé l’homme digne de confiance de cette communauté.
Pourtant, il resta humble.
Il savait que la valeur d’un homme n’est pas dans sa lignée, son nom, sa réputation ou son rang, mais dans sa piété et ses œuvres.
La lignée ne sauve pas celui dont les œuvres sont faibles. La position sociale ne remplace pas la sincérité. Le regard des gens ne remplace pas l’acceptation d’Allah.
Abou ‘Oubaydah nous apprend à ne jamais nous reposer sur notre image, notre passé ou notre appartenance. Ce qui compte réellement, c’est ce qu’Allah accepte de nous.
Parmi les personnes les plus aimées du Prophète ﷺ
‘Âishah, qu’Allah l’agrée, fut interrogée au sujet des hommes les plus aimés du Messager d’Allah ﷺ.
Elle cita Abou Bakr, puis ‘Oumar, puis Abou ‘Oubaydah.
Cette place montre son immense mérite. Il n’était pas seulement un homme courageux ou un bon commandant. Il était aimé du Prophète ﷺ pour sa foi, sa loyauté, sa pudeur et sa fiabilité.
Il fait également partie des dix Compagnons annoncés au Paradis. Cette annonce est une immense bonne nouvelle et une preuve de son rang auprès d’Allah.
Mais malgré ces vertus, il ne vivait pas dans l’insouciance. Il craignait Allah, redoutait le bas monde et gardait un cœur humble.
Plus Allah élève une personne, plus elle doit rester vigilante sur sa sincérité.
L’homme digne de confiance de cette communauté
La qualité la plus célèbre d’Abou ‘Oubaydah est l’amânah : la confiance.
Le Prophète ﷺ a dit que chaque communauté a un homme digne de confiance, et que l’homme digne de confiance de cette communauté est Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh.
Tous les Compagnons étaient dignes de confiance. Mais Abou ‘Oubaydah reçut une distinction particulière dans cette qualité.
Être digne de confiance, ce n’est pas seulement ne pas voler. C’est être fiable dans tout ce qu’Allah et les gens nous confient.
Un musulman ne doit pas être léger avec ce qu’on lui confie. La confiance est une marque de foi et de noblesse.
Abou ‘Oubaydah était un homme sur lequel on pouvait compter.
- La religion.
- La parole.
- L’argent.
- Les responsabilités.
- Les engagements.
- Les secrets.
- Le travail.
- Les relations.
- Les dépôts.
La pureté du cœur face au pouvoir
Lorsque ‘Oumar devint calife, il décida de placer Abou ‘Oubaydah à la tête des armées du Shâm à la place de Khâlid ibn al-Walîd.
Abou ‘Oubaydah reçut la lettre alors que l’armée était en pleine bataille. Il apprit d’abord la mort d’Abou Bakr, ce qui l’attrista profondément. Puis il apprit qu’il devait prendre le commandement à la place de Khâlid.
Il ne se précipita pas pour annoncer son nouveau rang. Il cacha l’information afin de ne pas troubler Khâlid et de ne pas affaiblir l’armée.
Lorsque Khâlid l’apprit, il lui demanda pourquoi il ne l’avait pas informé. Abou ‘Oubaydah lui répondit qu’il ne voulait pas briser son élan dans le combat et qu’ils ne recherchaient pas le pouvoir du bas monde.
Cette scène montre une sincérité rare.
Abou ‘Oubaydah ne cherchait pas la domination. Il ne cherchait pas à être vu. Il ne voulait pas humilier son frère. Il voulait préserver l’intérêt de l’Islam.
Le pouvoir révèle souvent les cœurs. Chez lui, il révéla la pureté.
La peste de ‘Amwâs et ses derniers instants
Lors de la peste de ‘Amwâs, une grave épidémie toucha le Shâm. De nombreux musulmans furent atteints.
‘Oumar craignit pour Abou ‘Oubaydah. Il lui envoya une lettre lui demandant de venir rapidement auprès de lui. Abou ‘Oubaydah comprit que ‘Oumar voulait le sauver de l’épidémie.
Mais il ne voulut pas quitter les musulmans au moment où ils étaient éprouvés.
Il resta avec eux.
Il voulut ensuite faire sortir les gens vers un endroit plus spacieux, conformément à l’ordre de ‘Oumar. Mais au moment de partir, il constata qu’il avait lui-même été touché par la peste.
Il écrivit alors à ‘Oumar pour lui dire qu’il ne pouvait pas venir.
Lorsque ‘Oumar lut sa lettre, ses yeux se remplirent de larmes. Il comprit qu’Abou ‘Oubaydah était proche de la mort.
Ainsi se termina la vie d’un homme fidèle jusqu’au bout : fidèle à Allah, fidèle au Prophète ﷺ, fidèle aux musulmans, fidèle à ses responsabilités.
Les grands rappels à retenir
La vie d’Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh contient de nombreux enseignements pour le musulman.
Elle nous apprend que la vraie noblesse est dans la foi, pas dans l’apparence. Elle nous montre que la confiance est une qualité immense. Elle nous rappelle que l’argent, le pouvoir et la réputation ne doivent jamais dominer le cœur.
Elle nous enseigne aussi que le musulman doit préserver sa langue, reconnaître le bien chez les autres, éviter la discorde, patienter dans l’épreuve et rester attaché au licite même lorsque les causes semblent difficiles.
Abou ‘Oubaydah fut un homme de pudeur, de courage, de loyauté et de sincérité.
Il n’a pas cherché à être connu. Mais Allah l’a élevé.
Il n’a pas couru après le pouvoir. Mais les meilleurs hommes lui ont confié des responsabilités.
Il n’a pas vécu pour le bas monde. Mais son souvenir reste vivant dans la communauté.
Conclusion
Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh, qu’Allah l’agrée, fait partie des grands modèles de cette communauté.
Son histoire rappelle au musulman que la réussite ne se trouve pas dans l’accumulation, l’orgueil ou la recherche de statut. La vraie réussite est d’être sincère avec Allah, véridique avec les gens, digne de confiance dans ses responsabilités et humble malgré ses qualités.
Il fut l’homme digne de confiance de cette communauté. Et cette qualité devrait pousser chaque musulman à se demander : suis-je digne de confiance dans ce qu’Allah m’a confié ?
Qu’Allah agrée Abou ‘Oubaydah ibn al-Jarrâh, qu’Il nous permette d’aimer les Compagnons du Prophète ﷺ, de suivre leurs exemples dans le bien, et qu’Il nous rassemble avec eux dans l’au-delà.
Interaction
