Cadre familial23 mai 202618 min de lecture

Comment fonder un foyer musulman sur la crainte d’Allah ﷻ ?

Un rappel sur les fondements du mariage en Islam : choix du conjoint, consentement, dot, walîma, droits des époux, entraide, éducation des enfants et crainte d’Allah ﷻ.

Le mariage en Islam n’est pas une simple union affective ou sociale. C’est une responsabilité, un engagement et une adoration lorsqu’il est vécu dans la crainte d’Allah ﷻ.

À retenir

  • Le mariage doit être fondé avant tout sur la religion, la crainte d’Allah ﷻ et la piété.
  • Le consentement de la femme, la présence du tuteur, les témoins et la dot donnent au mariage son cadre clair et protègent les droits.
  • Les époux doivent apprendre les règles religieuses qui les concernent et s’entraider dans l’adoration.
  • Le foyer réussi repose sur la justice, la miséricorde, la patience, la coopération et l’éducation des enfants dans la piété.

Introduction

Le mariage en Islam n’est pas une simple union affective ou sociale. C’est une responsabilité, un engagement et une adoration lorsqu’il est vécu dans la crainte d’Allah ﷻ.

Il permet à l’homme et à la femme de construire un foyer, de préserver leur chasteté, de s’entraider dans la religion, d’éduquer leurs enfants et de vivre une relation fondée sur la justice, la miséricorde et la piété.

Le Prophète ﷺ a encouragé les jeunes qui en ont les moyens à se marier. Celui qui n’en a pas la capacité doit jeûner, car le jeûne l’aide à maîtriser ses envies.

Il a également recommandé d’épouser des femmes fécondes et affectueuses, car il se réjouira d’avoir une communauté nombreuse.

Mais avant même de parler de vie commune, d’amour ou de descendance, l’Islam fixe un principe central : le mariage doit être fondé sur la religion.

Choisir son conjoint pour sa religion

Le Prophète ﷺ a expliqué qu’une femme peut être épousée pour différentes raisons, mais il a insisté sur le choix de la religion : « Choisis-la pour sa religion, tu en seras heureux. »

Ce principe ne concerne pas seulement l’homme lorsqu’il choisit une épouse. Il concerne aussi la femme lorsqu’elle accepte un prétendant.

La première qualité qu’elle doit rechercher chez un homme est son attachement à la religion, sa crainte d’Allah ﷻ et son éloignement des interdits.

Un homme qui craint Allah ﷻ saura bien traiter son épouse s’il l’aime. Et s’il devait un jour se séparer d’elle, il le ferait convenablement, sans injustice, par crainte d’Allah ﷻ.

Le critère religieux est donc un bien en toute chose. Le meilleur capital dans le mariage est la crainte d’Allah ﷻ, car elle mène à la piété.

Le foyer commence par deux personnes

Le foyer se construit d’abord autour de deux éléments : l’homme et la femme.

Si Allah ﷻ bénit leur union, leur famille peut grandir avec des enfants. Puis, avec le temps, ces enfants grandissent, quittent le foyer et fondent à leur tour leurs propres familles.

L’Islam accompagne donc la naissance d’une nouvelle famille par une législation complète. Il ne laisse pas le mariage à une simple relation privée entre deux personnes.

Les relations conjugales doivent être fondées sur la crainte d’Allah ﷻ, le respect des règles du mariage, l’engagement clair et la responsabilité mutuelle.

Le mariage ne peut être valable sans certaines conditions : la présence du tuteur, deux témoins fiables et la définition d’une dot.

La dot : une condition du mariage

La dot est nécessaire dans le mariage. Elle n’est pas forcément une grande somme d’argent, de l’or ou un bien matériel important.

Le texte rapporte l’histoire d’un homme qui voulait épouser une femme, mais ne possédait presque rien. Le Prophète ﷺ lui demanda ce qu’il pouvait offrir comme dot. L’homme répondit qu’il n’avait qu’un vêtement. Le Prophète ﷺ lui demanda alors de chercher autre chose.

L’homme revint en expliquant qu’il n’avait même trouvé qu’une bague en fer. Le Prophète ﷺ lui demanda alors ce qu’il connaissait du Coran. L’homme cita certaines sourates. Le Prophète ﷺ le maria alors à cette femme, avec pour dot l’enseignement de ces sourates.

Cette histoire montre que la dot peut être un service utile : enseigner le Coran, la Sounna, la lecture ou l’écriture.

Ce qui compte, c’est que la dot soit définie et que la femme ne soit pas lésée.

Le texte mentionne aussi le cas d’un compagnon qui avait donné un verger comme dot. Lorsque son épouse ne voulut plus rester avec lui, le Prophète ﷺ lui demanda si elle acceptait de rendre le verger. Elle accepta, et le mari prononça le divorce.

La dot donne donc au mariage un cadre clair et protège les droits de l’épouse.

Le consentement de la femme est indispensable

Le mariage commence par un accord entre les futurs époux.

La femme doit absolument être consentante. La procédure ne peut pas se poursuivre sans son accord.

Le Prophète ﷺ a dit qu’on ne peut pas marier une femme non vierge sans son autorisation, ni une femme vierge sans son consentement.

La différence entre les deux formulations s’explique par la pudeur. Une femme vierge peut avoir honte de dire explicitement qu’elle accepte le mariage. Son silence peut donc être compris comme un signe de consentement. Mais si elle refuse, son refus doit être respecté.

Le consentement de l’épouse est une condition essentielle. Sans lui, le mariage n’est pas valide.

Le texte rapporte aussi l’histoire d’une femme que son père avait mariée de force. Elle se plaignit au Prophète ﷺ. Il lui fit savoir qu’elle pouvait faire annuler le mariage. Elle décida finalement de le maintenir, mais elle voulait que les hommes sachent qu’ils n’ont pas le droit d’imposer un mariage aux femmes.

Le mariage doit donc reposer sur un accord réciproque entre l’homme et la femme.

Le mariage doit être clair et public

L’Islam ne laisse pas le mariage à une simple revendication privée.

Deux personnes ne peuvent pas prétendre être mariées simplement parce qu’elles ont eu une relation ou parce qu’elles se sont mises d’accord entre elles sans cadre.

Le mariage demande l’intervention du tuteur, la présence de témoins, une annonce claire et un cadre qui empêche les abus.

Cela permet d’éviter que des relations illicites soient présentées comme des mariages.

Concernant le document écrit, il n’est pas une condition religieuse de validité du mariage. Un mariage peut être valide sans document administratif.

Mais à notre époque, le document est utile pour l’état civil, le livret de famille, les voyages, le logement et toutes les situations où il faut prouver que l’homme et la femme sont réellement mariés.

Il ne rend pas le mariage valide religieusement, mais il facilite les démarches et protège les droits.

Les fiançailles ne sont pas obligatoires

La khutba, c’est-à-dire les fiançailles, n’est pas obligatoire.

Elle est autorisée, mais un mariage peut être valide sans fiançailles.

Si le tuteur dit au prétendant : « Je te marie à ma fille », et que le prétendant répond : « J’accepte », devant témoins et avec le consentement de la femme, le mariage est valide.

Les fiançailles ne sont donc pas une condition du mariage. Elles sont une étape permise, mais non obligatoire.

La walîma : un repas recommandé, sans gaspillage

Le repas de mariage, appelé walîma, est fortement recommandé.

Le Prophète ﷺ a conseillé à un compagnon qui venait de se marier d’organiser une walîma, même avec une seule brebis.

Mais cette recommandation ne doit pas mener au gaspillage. Si personne ne mange de ce repas, ou si l’argent est dépensé inutilement, cela devient contraire à l’objectif recherché.

Le Prophète ﷺ a interdit le gaspillage de l’argent.

La walîma doit donc rester une occasion de bien, de partage et de reconnaissance, sans excès.

Commencer la vie conjugale par la piété

Une fois mariés, les époux doivent fonder leur foyer sur la crainte d’Allah ﷻ.

Il est recommandé que le mari pose sa main droite sur le front de son épouse et demande à Allah ﷻ de la bénir, de lui accorder le meilleur d’elle-même et le meilleur de la nature avec laquelle elle a été créée.

Il est aussi recommandé, si possible, que les époux prient deux rak‘a ensemble. La femme se place derrière son mari.

C’est une manière de commencer la vie conjugale par une adoration.

La prière rassemble plusieurs formes d’adoration : l’attestation de foi, la lecture du Coran, l’évocation d’Allah ﷻ et l’invocation.

Le message est clair : la vie conjugale doit commencer par la piété et se construire sur elle.

Apprendre la religion dans le foyer

La chose la plus importante pour les époux est de connaître les règles religieuses qui les concernent.

Le mari doit s’efforcer d’enseigner les rites à son épouse. La femme doit aussi apprendre ce qui lui incombe : la prière, les invocations du matin et du soir, les invocations liées au repas et les règles de la vie quotidienne.

Le foyer doit être protégé par la lecture du Coran.

Le texte insiste particulièrement sur Sourate Al-Baqara. Le Prophète ﷺ en a fait l’éloge et a mentionné que les démons et les sorciers ne peuvent rien contre elle.

Un foyer musulman ne doit donc pas être seulement un lieu de vie. Il doit être un lieu où la religion est apprise, pratiquée et transmise.

Le mari doit prendre soin de son épouse

Dans la vie de couple, le mari doit bien prendre soin de son épouse.

Il doit assurer ses besoins, lui manifester de bons sentiments et lui donner un sentiment de sécurité.

La femme doit ressentir que son mari s’occupe d’elle, qu’il prend en charge ses besoins et qu’il fait preuve de bienveillance.

Le mari doit aussi être patient face aux défauts de son épouse.

Le Prophète ﷺ a dit qu’un croyant ne doit pas avoir de répulsion pour une croyante : s’il n’aime pas une chose chez elle, il en aimera une autre.

Cela signifie que l’homme ne doit pas se focaliser uniquement sur ce qui le dérange. Il doit aussi regarder les qualités de son épouse.

Le Prophète ﷺ a également comparé la femme à une côte. Si l’homme veut la redresser brutalement, il risque de la casser. Cette cassure désigne le divorce.

Il doit donc vivre avec elle en tenant compte de sa nature, avec patience et sagesse.

Cependant, lorsqu’il s’agit de la religion, le mari ne doit pas tolérer que les limites sacrées soient violées. Il doit faire preuve de fermeté lorsque la religion est négligée ou transgressée.

La femme doit bien se comporter envers son mari

La femme doit également veiller à bien se comporter envers son mari.

Elle doit patienter sur ce qui lui déplaît venant de lui, sauf lorsqu’il s’agit de la religion.

Si elle remarque chez lui un mauvais comportement religieux, une négligence dans l’adoration ou une conduite déviante, elle doit le conseiller et insister sur le rappel.

S’il persiste dans la débauche, elle doit chercher les moyens de mettre fin à cette situation.

Le texte souligne que la femme peut se retrouver dans une position de faiblesse. Elle doit donc être attentive à ne pas rester dans une situation où son mari manque gravement à ses devoirs religieux.

Les dépenses doivent respecter les moyens du mari

Le mari a la responsabilité de subvenir aux besoins de son épouse.

S’il est aisé, il doit dépenser selon ses largesses. S’il est pauvre, il dépense selon sa capacité.

La femme doit tenir compte de sa situation financière. Elle ne doit pas le surcharger avec des dépenses superficielles qu’il ne peut pas assumer.

Le mariage ne doit pas devenir un lieu de pression financière inutile.

Les relations doivent plutôt être fondées sur l’entraide.

L’entraide rend la vie conjugale paisible

Le modèle à suivre est celui des Compagnons et de leurs épouses, qui se soutenaient dans les difficultés de la vie.

L’homme travaille et gagne de l’argent. La femme peut aussi participer, dans la mesure du possible, aux efforts du foyer.

Le texte mentionne que les épouses du Prophète ﷺ et les femmes des Compagnons prenaient en charge certaines tâches : nourrir les bêtes, s’occuper des vergers, des palmeraies ou travailler au champ.

Cela ne veut pas dire que chacun vit pour soi ou que chacun subvient séparément à ses propres besoins.

Le foyer repose sur la coopération.

Le mari doit remercier son épouse pour ce qu’elle accomplit. Il doit lui exprimer sa satisfaction.

La femme doit également remercier son mari et être reconnaissante pour les soins qu’il lui apporte.

Lorsque l’entraide règne dans le couple, la vie devient plus paisible.

Éduquer les enfants dès leur plus jeune âge

Les parents doivent s’occuper des enfants dès leur plus jeune âge.

Ils doivent leur expliquer la fonction de l’être humain sur terre : adorer Allah ﷻ, accomplir les obligations religieuses, être utile aux autres et ne pas leur faire de mal.

L’enfant doit être relié à son Seigneur. Il doit aussi apprendre le bon comportement envers ses parents, sa famille et les musulmans autour de lui.

Le foyer, puis l’école, puis plus tard la vie conjugale, participent à former l’individu.

L’éducation doit donc habituer l’enfant à deux choses : être attaché à Allah ﷻ et bien se comporter avec les autres.

Le texte mentionne aussi l’entraide dans les prières nocturnes. Le Prophète ﷺ a évoqué la miséricorde d’Allah ﷻ pour l’homme qui se lève la nuit et réveille son épouse, ainsi que pour la femme qui se lève la nuit et réveille son mari.

S’entraider dans l’adoration est un moyen de faire entrer le bonheur dans le foyer et d’éduquer les enfants dans le bien.

Une maison qui recherche le bien, évite le mal, obéit à Allah ﷻ et cultive l’affection devient un exemple de vertu et de solidarité familiale.

Quand la vie conjugale devient difficile

Il arrive que les relations se compliquent et que la vie devienne insupportable.

Dans ce cas, l’Islam prévoit une issue : la séparation.

Le mari a le choix entre garder son épouse en la traitant convenablement ou se séparer d’elle convenablement.

Si le conflit s’aggrave, deux arbitres doivent intervenir : l’un de la famille de l’homme et l’autre de la famille de la femme.

Leur rôle est d’identifier l’origine du litige et de voir s’il vaut mieux réconcilier les époux ou les séparer.

Le jugement sera ensuite appliqué selon ce que la médiation aura conclu.

Interdiction de faire du mal aux femmes

Le Prophète ﷺ a interdit aux hommes de faire du mal aux femmes.

Lorsque certaines femmes se sont plaintes de leurs maris auprès de la famille du Messager d’Allah, il a dit : « Ces gens-là ne sont pas les meilleurs d’entre vous. »

Il a aussi dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui se comporte de la meilleure façon avec son épouse. »

Puis il a rappelé qu’il était lui-même celui qui se comportait le mieux avec ses épouses.

Cela montre que la noblesse d’un homme se mesure aussi à sa manière de traiter son épouse.

La correction dans le couple : un sujet encadré

Le texte aborde ensuite la question de la correction physique mentionnée dans le Coran.

Il précise qu’elle ne doit pas être exagérée, ni causer une plaie, une maladie, une fracture ou une blessure.

Elle intervient après d’autres étapes : le conseil, la douceur, l’attention, le rappel moral et l’éloignement dans le lit.

Cet éloignement ne signifie pas que la femme doit quitter le foyer conjugal ou être exposée à des dangers. Le mari doit au contraire rester responsable de sa protection et gardien de ses intérêts.

De la même manière, si la femme constate des écarts chez son mari, elle doit agir selon les règles qu’Allah ﷻ a légiférées.

Se préparer au mariage avant de se marier

Un jeune qui n’est pas encore marié doit se préparer au mariage.

Cette préparation passe par l’apprentissage des règles de la vie conjugale : ce qui est permis, ce qui est interdit, ce qui est obligatoire, ce qui est recommandé, les droits et devoirs de chacun.

Il ne suffit pas de vouloir se marier. Il faut savoir ce qu’Allah ﷻ demande dans le mariage.

Les couples déjà mariés doivent aussi apprendre les règles religieuses qui les concernent : la prière, les ablutions, l’aumône, le jeûne, le pèlerinage et les règles de la vie conjugale.

Celui qui peut apprendre doit le faire. Celui qui ne sait pas doit poser les questions qui le concernent.

Conclusion : le mariage est une responsabilité religieuse

Le mariage en Islam est une institution complète.

Il ne repose pas seulement sur l’amour, l’attirance, la beauté, l’argent ou le statut social. Il repose d’abord sur la crainte d’Allah ﷻ.

Le choix du conjoint doit être guidé par la religion. Le mariage doit être consenti, clair, officialisé et protégé par des règles.

La dot, le tuteur, les témoins, le consentement, la walîma, l’apprentissage religieux, les droits des époux, l’éducation des enfants et la gestion des conflits font partie de cet équilibre.

Un foyer réussi n’est pas seulement un foyer où deux personnes vivent ensemble. C’est un foyer où l’on s’entraide à obéir à Allah ﷻ, où chacun connaît ses responsabilités, où les enfants sont éduqués dans la piété et où les conflits sont traités avec justice.

Le mariage est donc une voie vers la stabilité dans ce bas-monde et vers la réussite dans l’au-delà, lorsqu’il est construit sur la science, la piété, la patience, l’entraide et la crainte d’Allah ﷻ.

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