Cadre familial24 mai 202637 min de lecture

Comment l’islam protège le foyer et prévient les problèmes conjugaux

Un rappel complet sur la manière dont l’islam protège le foyer : intention, choix du conjoint, bon comportement, patience, droits conjugaux, médiation, responsabilité des familles et règles du divorce.

Le mariage occupe une place immense en islam. Il n’est pas seulement une relation entre deux personnes, ni un simple cadre social pour construire une famille. C’est une adoration, un engagement solennel, une responsabilité, et un moyen de rechercher l’agrément d’Allah ﷻ.

À retenir

  • L’islam protège le foyer avant même le mariage, par l’intention, le bon choix du conjoint et la responsabilité des familles.
  • La stabilité conjugale repose sur le bon comportement, la patience, la justice, la surveillance de la langue et le respect des droits.
  • Les conflits doivent être traités par la douceur, le conseil, la conciliation et la médiation, avant d’envisager la séparation.
  • Le divorce existe comme solution encadrée, mais il ne doit jamais devenir une menace, un jeu ou une arme émotionnelle.

Introduction

Le mariage occupe une place immense en islam. Il n’est pas seulement une relation entre deux personnes, ni un simple cadre social pour construire une famille. C’est une adoration, un engagement solennel, une responsabilité, et un moyen de rechercher l’agrément d’Allah ﷻ.

L’islam n’a pas laissé la vie conjugale sans règles. Il a organisé le foyer, clarifié les droits de chacun, encouragé les bons comportements, interdit l’injustice, et donné des solutions lorsque les conflits apparaissent.

L’objectif est clair : préserver le foyer, améliorer la vie d’ici-bas du musulman, et l’aider à atteindre le succès dans l’au-delà.

L’islam est venu avec ce qui réforme la vie des gens

Allah ﷻ a envoyé Son Prophète ﷺ comme une miséricorde pour l’univers.

Cette religion est complète. Elle contient ce qui permet aux créatures d’atteindre leur bien, leur stabilité et leur réussite dans ce monde et dans l’au-delà.

Allah ﷻ dit : « Aujourd’hui, J’ai complété pour vous votre religion, accompli sur vous Mon bienfait, et J’agrée pour vous l’islam comme religion. »

L’islam rend licites les bonnes choses et interdit les mauvaises. Il ne se limite pas aux actes d’adoration visibles. Il organisé aussi la vie familiale, les relations entre époux, les droits, les devoirs, les conflits, la patience, la parole, la dépense, la pudeur et même la manière de mettre fin à un mariage lorsque cela devient nécessaire.

Le foyer n’est donc pas une affaire secondaire. Il fait partie des grands domaines où le croyant doit craindre Allah ﷻ.

Le mariage est une adoration

Le mariage est une œuvre noble. Celui qui se marie avec l’intention de rechercher l’agrément d’Allah ﷻ transforme son mariage en adoration.

Le Prophète ﷺ a dit : « Celui d’entre vous qui le peut, qu’il se marie, car cela est plus chaste pour son regard et plus à même de préserver sa chasteté. »

C’est le premier point de protection contre les problèmes conjugaux : entrer dans le mariage avec une intention saine.

Si les deux époux se marient seulement pour profiter l’un de l’autre, alors dès qu’un manquement apparaît, la relation devient fragile. L’un peut devenir dur avec l’autre, car il ne voit plus chez lui l’avantage qu’il recherchait.

Mais si l’objectif est l’au-delà et l’agrément d’Allah ﷻ, alors l’époux agit sans attendre une récompense immédiate de l’autre. Il patiente, pardonne, se comporte bien, accomplit ses devoirs et recherche la récompense auprès d’Allah ﷻ.

Le Prophète ﷺ a dit : « Les actions ne valent que par les intentions, et chacun ne sera rétribué que selon ce qu’il a voulu. »

L’intention est donc une fondation. Une intention droite protège le foyer de nombreux problèmes.

Bien choisir son époux ou son épouse

L’islam encourage à bien choisir avant de se marier.

Un homme ne doit pas demander une femme en mariage sans connaître ses qualités, ses caractéristiques et ce qui pourrait convenir à sa vie. Le choix ne doit pas être aveugle, précipité ou uniquement fondé sur l’apparence.

Le Prophète ﷺ a dit : « On épouse une femme pour quatre choses : sa richesse, sa lignée, sa beauté et sa religion. Choisis donc celle qui a la religion. »

La femme pieuse craint Allah ﷻ dans sa relation avec son mari. Elle accomplit des œuvres qui aident à faire durer la vie conjugale.

De même, concernant le choix du mari, le Prophète ﷺ a dit : « Si vient à vous celui dont vous agréez la religion et le comportement, alors mariez-le. Si vous ne le faites pas, il y aura des troubles sur terre et une grande corruption. »

Le critère central n’est donc pas seulement l’argent, la beauté, l’origine ou le statut. La religion et le comportement sont des fondations.

Un mauvais choix dès le départ ouvre la porte à de nombreux problèmes. Un bon choix, lui, facilité la stabilité du foyer.

Le bon comportement : une protection du couple

L’islam ordonne le bon comportement et les bonnes relations avec les autres. Cette règle est encore plus importante entre les époux.

Le Prophète ﷺ a dit : « Par son bon comportement, le croyant atteint le degré de celui qui jeûne et passe ses nuits en prière. »

Et il a dit : « Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leur famille. »

Le bon comportement n’est donc pas une simple qualité sociale. C’est une adoration. L’époux se rapproche d’Allah ﷻ par sa douceur, sa patience, ses paroles, son respect et sa manière de traiter son épouse.

L’épouse se rapproche aussi d’Allah ﷻ par son bon comportement envers son mari.

Le foyer devient alors un lieu de récompense, et pas seulement un lieu de responsabilités.

Se présenter de manière agréable à son conjoint

L’islam encourage les époux à prendre soin de leur apparence l’un pour l’autre.

L’un ne doit pas chercher à se montrer à l’autre sous une apparence repoussante ou négligée. Le Prophète ﷺ a interdit à l’homme qui revient de voyage de rentrer de nuit auprès de son épouse sans prévenir, afin qu’elle puisse se préparer, se coiffer et s’embellir.

Cela montre que l’apparence dans le couple a son importance.

La relation conjugale ne repose pas seulement sur les droits et les devoirs. Elle repose aussi sur l’attention, le désir, la pudeur, la beauté permise et le soin porté à l’autre.

Vivre convenablement même lorsqu’il y a une difficulté

Il peut exister, dans la vie conjugale, des moments de répulsion, de froideur ou d’absence de désir. L’islam ne demande pas de détruire immédiatement le foyer à cause de cela.

Allah ﷻ dit : « Et traitez-les convenablement. Si vous les détestez, il se peut que vous détestiez une chose dans laquelle Allah ﷻ met un grand bien. »

Une personne peut détester un comportement chez son conjoint, tout en trouvant chez lui d’autres qualités.

Le Prophète ﷺ a dit : « Qu’aucun homme ne déteste une femme. Si l’un de ses comportements lui déplaît, il en aimera un autre. »

Le croyant ne doit donc pas réduire son conjoint à un défaut. Il doit voir l’ensemble de la personne, patienter et chercher le bien qu’Allah ﷻ peut avoir placé dans cette relation.

Surveiller sa langue

La parole peut construire un foyer ou le détruire.

Allah ﷻ dit : « Adressez de bonnes paroles aux gens. »

Et Il dit : « Dis à Mes serviteurs d’exprimer les meilleures paroles, car le diable sème la discorde parmi eux. »

Dans le couple, une mauvaise parole peut ouvrir une blessure durable. Une insulte, une humiliation, une menace ou une parole dure peut devenir une cause de division.

Le Prophète ﷺ a dit : « Que celui qui croit en Allah ﷻ et au Jour Dernier dise du bien ou se taise. »

Les paroles de l’homme sont inscrites. Rien n’est prononcé sans être noté.

Le croyant doit donc craindre Allah ﷻ dans sa langue, surtout à l’intérieur de son foyer.

Sourire, pardonner et contenir sa colère

L’islam encourage les choses simples qui adoucissent les relations.

Le Prophète ﷺ a dit : « Qu’aucun d’entre vous ne méprise aucun bien, ne serait-ce que rencontrer son frère avec un visage souriant. »

Dans le couple, un visage souriant peut désamorcer une tension. Une parole douce peut éviter une dispute. Un pardon peut sauver une relation.

Allah ﷻ fait l’éloge de ceux qui contiennent leur rage et pardonnent aux gens.

Celui qui pardonne les fautes des autres obtient de grandes récompenses.

La colère, au contraire, pousse l’homme à faire des choses dont il ne connaît pas les conséquences.

Un homme vint au Prophète ﷺ et lui demanda conseil. Le Prophète ﷺ lui répondit : « Ne te mets pas en colère. » Il répéta cela plusieurs fois.

La colère peut mener à l’injustice, à l’insulte, à la menace, à la rupture et au regret. Le croyant doit donc apprendre à se retenir.

Le contrat de mariage est un engagement solennel

Le mariage n’est pas un jeu. Ce n’est pas un simple accord social que l’on prend à la légère.

Allah ﷻ a appelé le contrat de mariage : « Un engagement solennel. »

Cela signifie que ce contrat a une valeur immense. Chaque époux doit le respecter, le préserver et craindre Allah ﷻ dans ce qu’il implique.

Il ne faut pas jouer avec les paroles liées au mariage, ni utiliser le divorce comme une menace.

Certains hommes utilisent le divorce à chaque dispute ou comme moyen de pression pour forcer leur épouse à obéir. Cela fait partie des interdictions.

Allah ﷻ dit : « Ne prenez pas les versets d’Allah ﷻ comme un jeu. »

Utiliser le divorce comme un serment ou une menace est une grave erreur. Le divorce est une règle religieuse sérieuse, pas une arme émotionnelle.

Patienter face aux manquements

Si l’un des deux époux voit chez l’autre un manquement, il doit patienter.

La patience est un comportement islamique immense. Allah ﷻ dit : « On accordera aux patients leur récompense sans compter. »

Le Prophète ﷺ a indiqué qu’il n’a pas été donné à quelqu’un un don meilleur et plus grand que la patience.

La patience ne signifie pas accepter l’injustice ou laisser le mal se développer. Elle signifie ne pas réagir dans la précipitation, ne pas répondre au mal par le mal, et chercher la voie la plus conforme à la religion.

Dans le couple, beaucoup de destructions viennent de l’empressement. Une parole dite trop vite, une décision prise sous colère, une réaction violente, une menace prononcée dans l’émotion.

L’islam appelle à la clémence, à la douceur et à la patience.

Le Prophète ﷺ a dit : « Allah ﷻ est doux et Il aime la douceur. Il accorde par la douceur ce qu’Il n’accorde pas par la rudesse. »

S’entraider dans le bien

Les époux ne sont pas des adversaires. Ils doivent s’entraider dans ce qui amène leur réussite.

Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui est au service de son frère, Allah ﷻ est à son service. »

Servir son conjoint, l’aider, l’alléger, prendre en compte ses besoins et participer à la stabilité du foyer sont des moyens de se rapprocher d’Allah ﷻ.

Le mariage n’est pas une lutte d’ego. C’est une coopération dans l’obéissance à Allah ﷻ et dans la recherche du bien.

L’injustice entre époux est interdite

L’islam met fortement en garde contre l’injustice.

Parmi les plus grandes injustices, il y a le fait qu’un époux soit injuste envers l’autre.

Allah ﷻ a interdit l’injustice entre Ses serviteurs. Le Prophète ﷺ a également rappelé le droit des faibles, notamment celui de la femme.

Nuire à son conjoint, l’humilier, l’insulter, le priver de ses droits ou l’écraser par orgueil est interdit.

Allah ﷻ dit : « Ceux qui offensent les croyants et les croyantes sans qu’ils l’aient mérité se chargent d’une calomnie et d’un péché évident. »

Le Prophète ﷺ a dit : « Le musulman est celui dont les musulmans sont préservés du mal de sa langue et de sa main. »

L’époux ou l’épouse doit donc être la première personne protégée du mal de notre langue et de notre main.

L’orgueil détruit l’entente

L’islam interdit à l’un des époux de s’enorgueillir devant l’autre.

Lorsque l’orgueil entre dans le foyer, l’entente devient difficile. Celui qui se voit supérieur n’écoute plus, ne reconnaît plus ses torts, ne demande plus pardon et méprise l’autre.

Le Prophète ﷺ a mis en garde contre l’orgueil, même s’il est aussi petit qu’un poids infime dans le cœur.

Le croyant doit craindre son Seigneur et s’éloigner de ce comportement blâmable.

Si l’autre prononce une mauvaise parole, il ne faut pas forcément répondre par une mauvaise parole. Le croyant peut se détourner des futilités et refuser d’entrer dans l’ignorance.

Allah ﷻ dit : « Quand ils entendent des futilités, ils s’en détournent et disent : chacun ses œuvres. Nous ne voulons pas des ignorants. »

Les droits de l’époux et de l’épouse

Chacun des deux époux doit s’efforcer de respecter les droits de l’autre.

La femme doit s’attacher à son mari, lui parler convenablement, lui obéir dans ce qui est permis, et craindre Allah ﷻ en cela.

Le mari doit respecter le droit de son épouse, lui adresser de bonnes paroles, subvenir à ses dépenses obligatoires, la nourrir, la vêtir et bien se comporter avec elle.

Allah ﷻ dit : « Au père de l’enfant de nourrir et de vêtir la mère de manière convenable. »

Le Prophète ﷺ a dit que le droit des femmes est que les hommes soient bons envers elles en les vêtissant et en les nourrissant.

Les Compagnons demandèrent : « Ô Messager d’Allah, quel est le droit de l’épouse sur nous ? »

Il répondit : « Que tu la nourrisses lorsque tu manges, que tu la vêtisses lorsque tu te vêtis, que tu ne la frappes pas au visage, que tu ne l’insultes pas, et que tu ne t’éloignes d’elle que dans la maison. »

Les dépenses faites pour la famille peuvent aussi devenir une adoration si elles sont faites avec une bonne intention.

Le Prophète ﷺ a dit : « Tu ne feras aucune dépense en visant la Face d’Allah ﷻ sans être récompensé pour cela, jusqu’à la bouchée que tu mets dans la bouche de ton épouse. »

Accepter que personne n’est parfait

Chaque époux doit savoir que personne sur terre n’est parfait.

Toute personne a des défauts. Homme ou femme, chacun peut avoir des comportements non désirables.

Le Prophète ﷺ a conseillé d’avoir un bon comportement avec les femmes et a rappelé que la femme a été créée d’une côte. Si l’homme cherche à la redresser brutalement, il la casse, et cela consiste à la divorcer. S’il la laisse, il jouira d’elle avec cette courbure.

Cela ne signifie pas qu’il faut accepter le mal. Cela signifie qu’il faut comprendre la nature humaine, éviter la brutalité, patienter et rechercher la réforme avec sagesse.

Le foyer ne tient pas parce que les deux personnes sont parfaites. Il tient parce que chacun fait des efforts, craint Allah ﷻ et cherche à améliorer sa relation avec l’autre.

Bien se comporter avec les proches de l’autre

La vie conjugale ne concerne pas seulement les deux époux. Elle touché aussi les familles.

L’époux doit craindre Allah ﷻ vis-à-vis des proches de son épouse. L’épouse doit éviter le mauvais comportement envers les proches de son mari.

La religion a interdit la nuisance et l’insulte, et elle a ordonné la bonté envers les gens.

Il faut aussi respecter les parents, car Allah ﷻ a ordonné la bienfaisance envers eux : « Ton Seigneur a décrété : n’adorez que Lui et ayez de la bonté envers vos pères et mères. »

L’épouse doit donc respecter la mère de son mari, et l’époux doit respecter les parents de son épouse.

Ces comportements sont comme une dette : celui qui honore une personne âgée en raison de son âge, Allah ﷻ lui enverra quelqu’un qui l’honorera lorsqu’il sera lui-même âgé.

Protéger le foyer des insufflations du Diable

Le foyer doit être protégé de ce qui amène les problèmes.

Le Diable insuffle dans les âmes. Il cherche à diviser, à faire naître les soupçons, les doutes, les mauvaises interprétations et les conflits.

Allah ﷻ dit : « Ne suivez pas les pas du Diable. »

Le Diable est un ennemi. Il faut le prendre comme ennemi.

Certaines personnes, parmi les hommes, peuvent aussi semer la corruption entre un homme et son épouse, ou monter une femme contre son mari.

Allah ﷻ mentionne : « Les démons parmi les hommes et les djinns s’inspirent trompeusement les uns aux autres des paroles embellies. »

Il faut donc faire attention aux mauvaises influences, aux paroles qui divisent, aux conseils qui excitent l’ego, aux soupçons sans preuve et aux personnes qui poussent à casser le foyer.

Les croyants ne suivent pas les suppositions sans preuve.

Allah ﷻ dit : « Ô vous les croyants ! Évitez de faire trop de suppositions sur autrui. »

Les suppositions sont parmi les propos les plus mensongers.

Multiplier le rappel d’Allah ﷻ

Chacun des époux doit s’efforcer de multiplier la mention d’Allah ﷻ.

Les sorciers, leurs alliés, les insufflations et les mauvais regards n’ont pas de pouvoir réel contre celui qui se protège par le rappel d’Allah ﷻ, sauf par la permission d’Allah ﷻ.

Le foyer qui se remplit de rappel, de crainte d’Allah ﷻ, de prières, de bonnes paroles et de protection spirituelle est moins vulnérable aux causes de division.

Baisser le regard et préserver la relation conjugale

Parmi les causes qui amènent les problèmes conjugaux, il y a le fait que l’homme ou la femme regarde autre que son époux ou son épouse.

Cela est un grand mal.

Les moyens modernes ont facilité l’exposition aux atours des femmes et aux images qui peuvent corrompre le cœur. Cela peut amener un homme à délaisser son épouse, et inversement.

Cette exposition peut venir des écrans, des journaux, des magazines ou d’autres supports.

La religion a interdit ces choses.

Il est rapporté que celui qui baisse le regard, Allah ﷻ met dans son cœur une douceur qu’il ressentira.

C’est aussi pour cela que le Prophète ﷺ a interdit à une femme de décrire une autre femme à son mari comme s’il la voyait.

Le regard doit donc être protégé, car ce que l’œil laisse entrer peut finir par troubler le cœur et le foyer.

Chercher la conciliation en cas de conflit

Lorsque des problèmes apparaissent entre les époux, l’islam appelle à la conciliation.

La conciliation fait partie des meilleures œuvres.

Allah ﷻ dit : « Il n’y a rien de bon dans la plus grande partie de leurs conversations secrètes, sauf si l’un d’eux ordonne une aumône, une bonne action ou une conciliation entre les gens. »

Si les époux n’arrivent plus à retrouver le calme, il faut faire intervenir des médiateurs acceptés par les deux parties.

Allah ﷻ dit : « Si vous craignez un désaccord entre les deux époux, envoyez un médiateur de sa famille à lui, et un médiateur de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah ﷻ rétablira l’entente entre eux. »

Le but n’est pas d’alimenter la dispute, ni de donner raison à l’un contre l’autre par orgueil. Le but est de rétablir l’entente si cela est possible.

Conseiller avant de sanctionner

Lorsque l’épouse manifeste un détournement ou une désobéissance, l’islam ordonne d’abord le conseil.

Il faut lui exposer la réalité des choses, lui rappeler le péché, le châtiment de l’au-delà, et l’aider à prendre conscience de la gravité de la situation.

Le rappel précède la rupture. La sagesse précède la durété. La réforme précède la séparation.

L’équité entre les épouses

Lorsqu’un homme a plusieurs épouses, il doit prendre garde à l’injustice entre elles.

L’injustice entre les épouses fait partie des péchés interdits.

Même si l’homme n’a pas le même amour dans son cœur pour chacune, il doit respecter les droits, agir convenablement et éviter de laisser l’une d’elles comme suspendue.

Allah ﷻ dit : « Vous ne pourrez jamais être totalement équitables entre vos femmes, même si vous vous y appliquez. Ne penchez donc pas entièrement vers l’une d’elles, au point de laisser l’autre en suspens. »

L’islam ordonne les bonnes relations et interdit ce qui s’y oppose.

Préserver l’intimité licite

La religion a interdit certains actes dans l’intimité, comme la sodomisation des femmes.

Elle a aussi rappelé que l’acte charnel licite peut être une aumône.

Le Prophète ﷺ a dit : « Dans l’acte charnel, il y a aussi une aumône. »

Les Compagnons furent étonnés qu’un homme puisse être récompensé en assouvissant son désir. Le Prophète ﷺ expliqua que s’il l’avait assouvi dans l’illicite, il aurait eu un péché. De même, s’il l’assouvit dans le licite, il obtient une récompense.

Le mari ne doit donc pas délaisser son épouse. L’intimité fait partie des droits conjugaux et de la protection du foyer.

Le divorce : une solution encadrée, pas un jeu

Lorsque la vie conjugale arrive à un point où les tentatives de réforme ne suffisent plus, le divorce est légiféré.

Mais il est encadré.

Il ne faut pas prononcer plusieurs divorces en un seul moment. Si l’homme prononce un divorce une seule fois, la femme reste dans le foyer conjugal jusqu’à la fin de sa période de viduité.

Durant cette période, elle conserve des droits : les dépenses et d’autres droits liés à l’épouse, en dehors du partage des nuits.

Tant qu’elle est dans sa période de viduité, elle reste son épouse. Elle peut se dévoiler devant lui et s’embellir.

À la fin de la période, si aucune reprise n’a eu lieu, elle devient étrangère pour lui. Elle ne lui est plus licite sauf par un nouveau contrat de mariage.

Il n’est pas permis au tuteur d’empêcher une femme de se remarier avec son ancien époux s’ils se sont entendus conformément à la bienséance.

Allah ﷻ dit : « Ne les empêchez pas de se remarier avec leurs époux, s’ils s’entendent conformément à la bienséance. »

Le divorce peut avoir lieu deux fois avec possibilité de reprise. Mais après le troisième divorce, les liens conjugaux sont rompus d’une manière plus définitive, et elle ne lui redevient licite qu’après avoir épousé un autre homme.

Allah ﷻ dit : « Le divorce est permis seulement deux fois. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, soit la séparation de la meilleure façon. »

Le divorce n’est donc pas un outil de pression. C’est une règle religieuse grave, encadrée par des limites qu’il faut respecter.

La responsabilité de la famille vis-à-vis du prétendant

La question du mariage ne concerne pas seulement les deux futurs époux. Elle concerne aussi les familles, en particulier les responsables du foyer.

La responsabilité est une chose importante. Elle n’est levée que lorsque le responsable accomplit ce qu’Allah ﷻ lui a imposé selon ses capacités.

Beaucoup de gens limitent la responsabilité familiale à la nourriture, la boisson, le logement, le transport et les soins en cas de maladie.

Mais cela n’est qu’une partie de la responsabilité.

La responsabilité est plus large. Le mariage des enfants fait partie des grandes responsabilités qui pèsent sur les épaules des parents et des tuteurs.

Ne pas marier une fille sans la consulter

Certaines familles appliquent des coutumes régionales ou tribales qui consistent à marier leur fille sans la consulter.

Le tuteur parle au prétendant, accepte l’affaire, fixe une date de mariage, alors que la fille ne sait même pas ce qui se prépare.

Cela est une injustice.

L’islam a accordé à la femme le droit de choisir lorsque son choix est juste.

Qu’un père, un oncle paternel, un frère ou un représentant légal la marie sans son choix ou sans l’informer est une injustice illicite.

Il est donc obligatoire à celui à qui Allah ﷻ a confié cette responsabilité de consulter sa fille, de l’informer et de la laisser choisir, si le prétendant est une personne dont la religion, le comportement et la loyauté sont agréés.

Ne pas bloquer la cadette parce que l’aînée n’est pas mariée

Certaines familles refusent de marier la cadette avant l’aînée.

Elles considèrent cela comme un déshonneur ou un affront. Elles craignent que les filles plus âgées soient blessées si la plus jeune se marie avant elles.

Mais le mariage est un bienfait qu’Allah ﷻ accorde à qui Il veut.

Il ne faut pas repousser un bien accordé à la plus jeune jusqu’à ce que l’aînée se marie.

La responsabilité concerne toutes les filles, pas seulement l’ordre social ou les habitudes familiales.

Permettre au prétendant de voir celle qu’il demande en mariage

Certaines familles pensent que le fait que le prétendant voie celle qu’il demande en mariage est contraire aux traditions ou représente un déshonneur.

Mais ce qui doit préoccuper le musulman, c’est l’agrément d’Allah ﷻ et l’agrément du Prophète ﷺ.

Il y a un grand bien dans le fait que le prétendant voie celle qu’il demande en mariage.

Le prétendant peut accepter ou refuser. La jeune fille peut aussi refuser le prétendant si elle voit chez lui une caractéristique physique qu’elle ne peut pas accepter.

Cela relève de l’acceptation naturelle de l’âme.

Le Prophète ﷺ a encouragé cela, car c’est meilleur et plus à même de faire durer les choses entre les deux.

Il vaut mieux que le mariage s’arrête avant d’être conclu plutôt qu’il soit conclu, puis qu’un élément découvert ensuite provoque un rejet, une blessure psychologique et des conséquences pour les deux familles.

Interroger sur le prétendant sans tomber dans l’excès

La famille doit interroger à propos du prétendant.

Il faut se renseigner sur sa loyauté apparente, sa bonne renommée, sa religion et sa raison.

Mais il ne faut pas exagérer dans les recherches au point de chercher avec dureté et suspicion. Cela peut empêcher de voir clairement.

Il faut plutôt interroger des personnes de confiance sur sa réputation apparente.

Si les réponses sont bonnes, alors louange à Allah ﷻ. Et s’il en est autrement, les hommes sont nombreux.

Conclusion

L’islam a donné au foyer des règles qui protègent la vie conjugale avant même qu’elle ne commence.

Il a ordonné de bien choisir son conjoint, de rechercher l’agrément d’Allah ﷻ, d’entrer dans le mariage avec une intention saine, de respecter le contrat, de surveiller sa langue, de patienter, de pardonner, de bien se comporter, de préserver le regard, d’éviter les soupçons, de rechercher la conciliation et de respecter les droits de chacun.

Il a aussi rappelé que les familles ont une responsabilité immense : elles ne doivent pas imposer un mariage, bloquer un bien à cause des coutumes, empêcher une rencontre légiférée entre prétendant et prétendue, ni négliger l’enquête raisonnable sur la religion et le comportement du prétendant.

Le foyer musulman ne se construit pas seulement avec l’amour, l’argent ou les habitudes familiales. Il se construit avec la crainte d’Allah ﷻ, la justice, la responsabilité, la patience et le respect des limites établies par Allah ﷻ.

Celui qui respecte ces règles préserve son foyer, améliore sa vie d’ici-bas, et recherche par son mariage la récompense de l’au-delà.

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