L'imam Mouslim : sa vie, son œuvre et sa croyance
Biographie de l'imam Mouslim, son rang dans la science du hadith, son Sahîh, sa méthode et les fondements de croyance que l'on retrouve dans son recueil authentique.
Parler de l'imam Mouslim, ce n'est pas seulement évoquer une figure historique parmi les savants de l'Islam. C'est revenir à l'une des grandes montagnes de la science du hadith, à un imam qui a consacré sa vie à la préservation de la Sounnah du Prophète ﷺ.
À retenir
- L'imam Mouslim fut un imam du hadith, un mémorisateur rigoureux et une référence dans la transmission de la Sounnah.
- Son recueil de hadiths authentiques, connu sous le nom de Sahîh Mouslim, fait partie des livres les plus importants de l’islam après le Livre d’Allah ﷻ et Sahîh al-Boukhari.
- Sa croyance était celle des gens de la Sounnah et du groupe, fondée sur le Livre, la Sounnah et la voie des pieux prédécesseurs.
- Les hadiths qu'il rapporte affirment les grands fondements : Tawhid, foi, destin, Attributs d'Allah ﷻ, intercession, obédience dans le convenable et réforme du cœur.
Introduction
Parler de l'imam Mouslim, ce n'est pas seulement évoquer une figure historique parmi les savants de l'Islam. C'est revenir à l'une des grandes montagnes de la science du hadith, à un imam qui a consacré sa vie à la préservation de la Sounnah du Prophète ﷺ, à sa transmission, à sa vérification et à sa défense.
Les biographies des grands savants sont des écoles pour les générations. Elles réveillent l'ambition, ravivent la détermination et montrent ce que signifie réellement se consacrer à la science, à la religion et au service de la communauté.
L'intérêt de cette biographie est aussi de comprendre que la croyance des pieux prédécesseurs n'est pas une invention tardive. Elle est l'héritage des imams de l'Islam, transmis a partir du Livre d'Allah ﷻ et de la Sounnah de Son Messager ﷺ.
L'imam Mouslim fait partie de ces imams de la guidée, de ces flambeaux dans l'obscurité. Son recueil authentique est l'un des livres les plus importants de l'Islam après le Livre d'Allah ﷻ et l'Authentique d'al-Boukhari.
Mini biographie
Qui était l'imam Mouslim ?
L'imam Mouslim est le grand imam, le mémorisateur rigoureux, la référence, le veridique : Mouslim ibn al-Hajjaj al-Qoushayri, auteur du celebre recueil authentique.
Il est affilié à la tribu de Qoushayr, une grande tribu arabe. Certains savants ont évoqué la possibilité qu'il ait été parmi leurs affranchis, mais cela n'a pas été affirmé avec certitude. Quoi qu'il en soit, ce qui élève réellement un homme n'est ni sa lignée ni sa tribu, mais sa science et sa piété.
Allah ﷻ dit : "Le plus noble d'entre vous auprès d'Allah ﷻ est le plus pieux."
Combien de savants n'étaient pas issus des Arabes, mais Allah ﷻ les a élevés par la science, l'effort et la piété. À l'époque du Prophète ﷺ, Salman le Perse, Souhayb le Byzantin et Bilal l'Éthiopien faisaient partie des chefs des musulmans, bien qu'ils ne soient pas issus des tribus arabes.
L'imam Mouslim est né, selon l'avis le plus répandu, en l'an 204 de l'Hégire, à Naysabour. Adh-Dhahabi mentionne qu'il a entendu ses premiers hadiths en 218, alors qu'il avait environ quatorze ans. Ibn Kathir a aussi rapporté qu'il est né l'année où mourut l'imam ash-Shafi'i, en 204 de l'Hégire.
Il est mort au mois de Rajab, en l'an 261 de l'Hégire, à l'âge d'environ cinquante-cinq ans.
Sa vie montre que la valeur d'un homme ne réside pas dans la longueur de son âge, mais dans ce qu'il accomplit. Il a vécu cinquante-cinq ans, mais sa mention s'est répandue à travers les horizons et demeure vivante jusqu'à aujourd'hui.
Son rang parmi les savants du hadith
Les titres attribues aux savants ne sont pas de simples compliments. Lorsqu'un savant est qualifié d'imam, de mémorisateur ou de référence, ces termes ont une valeur precise.
Tous les savants ne sont pas appelés imams. L'appellation d'imam n'est pas donnée à n'importe qui. De même, le terme mémorisateur ne désigne pas simplement celui qui a retenu quelques centaines de hadiths, mais celui qui a mémorisé des milliers de hadiths, avec leurs chaînes de transmission, leurs voies et leurs variantes.
L'imam Mouslim fut decrit par les savants comme un imam, un mémorisateur rigoureux, une référence et un veridique. Ibn Abi Hatim a dit de lui : "Il était fiable, parmi les memorisateurs. J'ai ecrit de lui a Rayy."
Ibn as-Salah a dit qu'Allah ﷻ l'a élevé par son livre authentique jusqu'à la hauteur des étoiles.
An-Nawawi a dit de lui qu'il faisait partie des grands imams dans le domaine du hadith, parmi les plus éminents, ceux qui excellaient dans la mémorisation et qui ont voyagé dans sa quête vers les imams de toute contrée. Il a également affirmé que les gens compétents reconnaissent son avance dans ce domaine, sans divergence.
Son livre authentique est l'une des plus grandes preuves de sa grandeur, de son imamat, de son scrupule, de sa maîtrise et de sa vaste connaissance du hadith.
Sa quête de la science
L'imam Mouslim fut envoyé très jeune à la recherche de la science. Il entendit le hadith dès l'âge d'environ quatorze ans. Sa famille semble avoir eu un certain niveau de richesse, puisqu'il put voyager dans différentes contrées pour rechercher la science. Il travaillait aussi comme marchand de soie.
Cela montre un point important : il convient à l'étudiant en science d'avoir une source de revenus qui lui permette de ne pas s'humilier dans la demandé. Et parmi les façons de servir la science, il y a aussi le fait de prendre en charge les dépenses des étudiants en science, afin qu'ils puissent se consacrer à l'apprentissage, à la mémorisation et à la transmission.
Une personne peut avoir de l'argent sans avoir la capacité de propager la science. Elle peut alors ouvrir une porte immense : soutenir un étudiant en science qui consacrera son intelligence, son effort et sa mémorisation à propager la science.
L’imam Mouslim vécut à une époque florissante de l’histoire de l’Islam, durant les meilleurs siècles, au temps de grands imams comme al-Boukhari, Ahmad ibn Hanbal, Yahya ibn Ma‘în et d’autres immenses spécialistes de la vérification des hadiths.
L'homme est influencé par son environnement et par ceux qu'il fréquente. Celui qui fréquente des montagnes dans la science voit sa résolution s'élever. L'imam Mouslim suivit leur voie dans la critique, la vérification minutieuse et la préservation de la Sounnah.
Ses voyages pour le hadith
Voyager pour rechercher la science était une tradition suivie depuis l'époque des Compagnons, puis des Tabi'in, puis de ceux qui vinrent après eux.
La quête du hadith est une forme d'effort dans la voie d'Allah ﷻ, car elle demande énergie, patience, déplacement, fatigue et sincérité dans l'obéissance à Allah ﷻ.
Le Prophète ﷺ a dit : "Celui qui emprunte un chemin pour y rechercher une science, Allah ﷻ lui facilité par cela un chemin vers le Paradis."
Les Compagnons eux-mêmes voyageaient pour entendre un hadith. Certains Tabi'in marchaient des nuits et des jours en quête d'un seul hadith, afin de l'entendre directement de son rapporteur et de s'assurer de sa narration.
L'imam Mouslim voyagea en Irak, au Hijaz, a Khourasan, a Bagdad et dans d'autres regions. Il entendit le hadith auprès d'un grand nombre de savants fiables.
Parmi ses shouyoukh les plus célèbres figure l'imam al-Boukhari, qu'il fréquenta longuement et dont il tira un grand profit. L'imam Mouslim fut profondément influencé par son shaykh al-Boukhari, et cette influence apparaît dans ses livres, dans sa méthode et dans sa rigueur.
Son comportement et ses qualites
L'imam Mouslim était connu pour son bon comportement, sa générosité et sa noblesse. On disait de lui : "le bienfaiteur de Naysabour". Il ne medisait jamais de personne et demeura assidu dans la quête du hadith jusqu'à sa mort.
Cela montre comment doit être l'étudiant en science : préserver sa langue, améliorer son comportement et chercher a être utile aux gens.
Le bon comportement fait partie des plus grands moyens de se rapprocher d'Allah ﷻ. Un homme peut atteindre, par son bon comportement, le rang de celui qui jeune et prie la nuit.
Son recueil authentique
Le plus important ouvrage de l'imam Mouslim est son livre connu sous le nom de l'Authentique de Mouslim.
Son titre complet est : Le recueil authentique, abrégé, transmis d'une personne intègre à une autre, en remontant jusqu'au Messager d'Allah?ﷻ ﷺ.
Beaucoup d'étudiants connaissent simplement ce livre sous le nom de Sahîh Mouslim ou l'Authentique de l'imam Mouslim, mais son nom complet indique sa méthodologie : transmettre uniquement ce qui est authentique, avec une chaîne composée de rapporteurs intègres, remontant jusqu'au Prophète ﷺ.
L'imam Mouslim ne s'est pas limite a cet ouvrage. Il a également compose d'autres livres importants, dont certains sont disponibles aujourd'hui et d'autres ont été perdus. Parmi eux : Al-Musnad al-Kabir 'ala ar-Rijal, Al-Jami' al-Kabir 'ala al-Abwab, Al-'Ilal, Dhikr Awham al-Muhaddithin, At-Tamyiz, Tabaqat at-Tabi'in et Al-Mukhadramin.
Mais son Authentique demeure au sommet de ses œuvres.
La place de Sahîh Mouslim parmi les livres de l'Islam
Selon la majorité des savants, l'Authentique de Mouslim est le troisième livre le plus authentique à la surface de la terre, après le Livre d'Allah ﷻ puis l'Authentique d'al-Boukhari.
Certains savants du Maghreb, ainsi qu'Abou 'Ali an-Naysabouri parmi les gens de l'Orient, ont préféré Sahîh Mouslim à Sahîh al-Boukhari. Ibn Kathir explique que cette préférence venait du fait que Mouslim rapporte généralement le hadith entier à un seul endroit, avec ses différentes voies, sans le fragmenter comme le fait al-Boukhari dans différents chapitres.
Al-Boukhari s'est distingué par la force de ses conditions d'authenticité. Il exigeait, pour celui qui rapporte d'un shaykh, qu'il ait vécu à son époque et qu'il soit établi qu'il l'ait rencontré. Mouslim, lui, s'est contenté de la contemporanéité avec possibilité de rencontre, lorsque le rapporteur est intègre et que la narration est acceptable.
Ainsi, al-Boukhari est plus rigoureux sur la condition de la rencontre, tandis que Mouslim s'est distingué par la bonne organisation de la narration, en regroupant le hadith et ses voies au même endroit.
Chacun a donc son mérite. Certains savants ont résumé cela ainsi : al-Boukhari a excellé dans l'authenticité, tandis que Mouslim a excellé dans la bonne présentation.
L'imam Mouslim mit quinze ans a composer et epurer son Authentique. Il y sélectionna environ trois mille hadiths parmi trois cent mille qu'il avait entendus et compiles. Les savants du hadith disent : rassemble d'abord, puis analyse. L'imam Mouslim rassembla, vérifia, examina les chaînes de transmission, puis sélectionna ce qui était authentique.
Sa mort
La cause de la mort de l'imam Mouslim illustre son attachement extrême au hadith. Un jour, dans un cercle de révision organisé pour lui, un hadith qu'il ne connaissait pas fut mentionné. Il rentra chez lui, alluma sa lampe et demanda que personne n'entre dans la pièce.
On lui apporta un panier de dattes. Il se mit à chercher le hadith tout en mangeant les dattes une à une. Lorsqu'il trouva le hadith, le panier était vide. Des personnes fiables rapportèrent qu'il mourut à cause de cela.
Cela montre jusqu'où allait son effort dans la recherche du hadith. Il resta attaché à la vérification jusqu'à la fin de sa vie.
Celui qui fait revivre la mention de la Sounnah du Messager d'Allah?ﷻ ﷺ voit Allah ﷻ faire revivre sa propre mention. C'est ce qui est arrivé à al-Boukhari, à Mouslim et à d'autres imams qui ont servi la Sounnah prophétique et lui ont consacré leur vie.
La croyance de l'imam Mouslim
La croyance de l'imam Mouslim était celle des gens de la Sounnah et du groupe, sur la méthodologie des pieux prédécesseurs.
Pour connaître sa croyance, deux sources principales apparaissent : les éloges des savants et les biographies qui parlent de sa méthodologie ; et ce que l'imam Mouslim a lui-même rapporté dans son Authentique, notamment dans les livres, chapitres et hadiths liés à la croyance.
Ce qu'il rapporté dans son recueil authentique montre ce qu'il croyait, car il rapporte les textes pour affirmer ce qu'ils contiennent.
L'unicité d'Allah ﷻ dans Sahîh Mouslim
Le recueil authentique de l'imam Mouslim est rempli de l'affirmation de l'unicité.
L'unicité comprend l'unicité de la Seigneurie, l'unicité des Noms et Attributs, et l'unicité de l'intention et de la demandé, qui est l'unicité de l'adoration.
Parmi les hadiths rapportés par Mouslim figure l'invocation par laquelle le Prophète ﷺ ouvrait sa prière de nuit : "Ô Allah ﷻ, Seigneur de Jibril, de Mika'il et d'Israfil, Créateur des cieux et de la terre, Connaisseur de l'invisible et du visible, Tu jugeras entre Tes serviteurs a propos de ce en quoi ils divergeaient. Guide-moi vers la vérité au sujet de laquelle ils divergent, par Ta permission. Tu guides qui Tu veux vers un droit chemin."
Cette invocation contient l'affirmation de la Seigneurie d'Allah ﷻ, de Ses Noms et Attributs, ainsi que l'unicité de l'adoration, car elle est une demande adressée à Allah ﷻ.
Mouslim rapporte aussi l'invocation du Prophète ﷺ lorsqu'il se levait pour prier : "J'ai tourné mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre, en pur monothéiste, et je ne suis pas du nombre des polythéistes. Ma prière, mon sacrifice, ma vie et ma mort appartiennent à Allah ﷻ, Seigneur de l'Univers. Il n'a aucun associé."
Dans cette invocation, le Prophète ﷺ affirmé que la prière, le sacrifice, la vie et la mort appartiennent à Allah ﷻ seul, sans associé. Cela résume l'unicité dans ses catégories.
La foi selon les gens de la Sounnah
La croyance a un effet profond dans la vie de l'homme : dans sa manière de penser, son comportement, ses actes et ses jugements.
Chez les gens de la Sounnah et du groupe, la foi est croyance du cœur, parole de la langue et acte des membres. Elle augmente par l'obéissance et diminue par la désobéissance.
Le musulman ne sort pas de la religion à cause d'un péché, sauf le polythéisme, tant qu'il ne rend pas licite un péché dont l'interdiction est connue de manière évidente dans la religion.
Celui qui commet un grand péché reste croyant par sa foi, mais désobéissant par son péché. On ne lui retire pas l'appellation de croyant. Les textes de menace restent tels quels : si Allah ﷻ châtie, cela relève de Sa justice ; s'Il pardonne, cela relève de Sa grâce.
La voie intermédiaire entre les Khawarij et les Mourji'ah
Les gens de la Sounnah tiennent une voie intermédiaire entre deux extremes.
Les Mourji'ah ont exclu les actes de la définition de la foi. Selon eux, si l'origine de la foi existe, les désobéissances ne nuisent pas à la foi.
Les Khawarij, à l'opposé, considèrent que la foi est une seule chose : si une partie disparaît, tout disparaît. Selon eux, celui qui commet un grand péché sort de l'Islam et demeure éternellement en Enfer.
Les gens de la Sounnah suivent les textes. Ils disent que la foi est croyance, parole et acte. Si une personne commet un grand péché, cela ne lui retire pas la base de la foi, mais cela lui retire la perfection obligatoire de la foi.
La foi est ce qui s'établit dans le cœur et que les actes viennent confirmer.
Les branches de la foi
L'imam Mouslim rapporte le hadith : "La foi comporte plus de soixante ou plus de soixante-dix branches. La meilleure est la parole : nulle divinité ne mérite d'être adorée qu'Allah ﷻ. La plus basse consiste à ôter un obstacle du chemin. Et la pudeur est une branche de la foi."
Ce hadith montre que la foi touché la langue par la parole de l'unicité, les membres par le fait de retirer un obstacle du chemin, et le cœur par la pudeur.
La foi est donc comme un arbre. Elle a des racines, un tronc et des branches. Une branche seule n'est pas l'arbre tout entier, mais elle fait partie de l'arbre.
Ainsi, la foi a son origine dans le cœur, mais sa perfection et sa complétude apparaissent dans les paroles et les actes.
La négation de la foi dans certains hadiths
Mouslim rapporte plusieurs hadiths dans lesquels la foi est niée pour certaines personnes : "Aucun d'entre vous ne croira tant que je ne serai pas plus aimé de lui que son enfant, son père et l'ensemble des gens" ; et : "Aucun d'entre vous ne croira tant qu'il n'aime pas pour son frère ou pour son voisin ce qu'il aime pour lui-même."
Ces textes ne signifient pas que la personne devient mécréante si elle manque à ces obligations. Ils indiquent que sa foi est incomplète et qu'elle manque à la perfection obligatoire de la foi.
De même, le Prophète ﷺ a dit : "Celui d'entre vous qui voit un blâmable, qu'il le change de sa main. S'il ne peut pas, alors par sa langue. Et s'il ne peut pas, alors par son cœur ; et cela est le plus faible degré de la foi."
Ce hadith montre que la foi a des degrés. Ce qui augmente peut diminuer, et ce qui diminue peut augmenter.
Mouslim rapporte aussi : "Le fornicateur ne fornique pas en etant croyant. Le voleur ne vole pas en etant croyant. Celui qui boit du vin ne le boit pas en etant croyant."
Cela ne signifie pas que toute sa foi disparaît, mais que sa perfection obligatoire disparaît au moment du péché. Si sa foi était pleinement présente avec la conscience qu'Allah ﷻ l'observe, la crainte et la peur, il n'aurait pas agi ainsi.
La prudence dans le takfir
L'imam Mouslim rapporte des textes indiquant la gravité de declarer mécréant un musulman sans droit.
Le Prophète ﷺ a dit : "Celui qui dit à son frère : O mécréant, cela retombera sur l'un des deux. Si ce qu'il dit est vrai, cela atteindra la personne visée ; sinon, cela reviendra contre lui."
Cela montre la gravité de cette parole. Si elle ne correspond pas à la réalité, son mal revient contre celui qui l'a prononcée.
Mouslim rapporte aussi des hadiths ou certains actes sont appelés mécréance, sans que cela signifie necessairement une mécréance majeure faisant sortir de l'Islam.
Par exemple : "Ne reniez pas vos pères. Celui qui renie son père, ceci est de la mécréance" ; "Insulter un musulman est une désobéissance, et le combattre est une mécréance" ; "Ne redevenez pas mécréants après moi, vous frappant les cous les uns les autres."
Pourtant, Allah ﷻ dit : "Et si deux groupes de croyants se combattent, réconciliez-les." Allah ﷻ les a appelés croyants malgré leur combat. Cela prouve que tout acte qualifié de mécréance ne renvoie pas forcément à la mécréance majeure.
Se lamenter sur un mort est aussi un grand péché, mais cela ne fait pas sortir la personne de l'Islam. La mécréance ici est une mécréance moindre, comme le reniement des bienfaits.
Parler aux gens selon ce qu'ils comprennent
Certains hadiths peuvent être mal compris par des gens qui n'ont pas la science nécessaire. C'est pourquoi il faut parler aux gens selon ce qu'ils comprennent.
Un hadith authentique peut devenir une épreuve pour certaines personnes si leurs esprits ne peuvent pas le saisir correctement. Celui qui rapporte un texte à des gens incapables de le comprendre peut les exposer à l'égarement, alors même qu'ils croient s'appuyer sur une preuve.
Cela montre l'importance de la science, du contexte, de la pedagogie et de la prudence dans la transmission.
La foi au destin
L'imam Mouslim rapporte le celebre hadith de Jibril dans le contexte de l'apparition de ceux qui nierent le destin a Bassora.
Le premier a avoir parle du destin a Bassora fut Ma'bad al-Jouhani. Les Qadariyyah prétendaient qu'Allah ﷻ n'avait rien décrété et que le serviteur créait ses propres actes par lui-même. Ils niaient qu'Allah ﷻ connaisse les choses avant qu'elles n'arrivent et qu'Il les ait décrétées.
La croyance des gens de la Sounnah affirme qu'Allah ﷻ a prédestiné les choses et les a écrites cinquante mille ans avant la création des cieux et de la terre.
Les degrés du destin sont quatre : Allah ﷻ a su toute chose ; Il a ecrit toute chose ; Il veut ce qui arrive ; Il crée les choses.
Lorsque Yahya ibn Ya'mour et Houmayd ibn 'Abd ar-Rahman rencontrerent Ibn 'Oumar et l'interrogerent au sujet de ceux qui niaient le destin, Ibn 'Oumar declara qu'il les desavouait. Il jura que si l'un d'eux possedait l'equivalent du mont Ouhoud en or et le depensait, Allah ﷻ ne l'accepterait pas de lui tant qu'il ne croirait pas au destin.
La foi au destin fait partie des six piliers de la foi.
Le hadith de Jibril et les degrés de la religion
Dans le hadith de Jibril, un homme apparut avec des vêtements d'un blanc eclatant et des cheveux très noirs. On ne voyait sur lui aucune trace de voyage, et personne ne le connaissait.
Il interrogea le Prophète ﷺ sur l'Islam, la foi, l'excellence, l'Heure et les signes de l'Heure.
Ce hadith expose les degrés de la religion. Il montre aussi que la foi repose sur ses piliers, dont la foi au destin, qu'il soit bon ou mauvais.
Mouslim rapporte également le hadith du Bédouin qui interrogea le Prophète ﷺ au sujet des obligations de l'Islam : les cinq prières, la zakat, le jeûne du Ramadan et le pèlerinage pour celui qui en a la capacité. Après avoir affirmé qu'il ne ferait ni plus ni moins que cela, le Prophète ﷺ dit : "S'il a dit vrai, il entrera au Paradis."
Ce hadith expose les rites fondamentaux de l'Islam et leur lien avec la foi.
L'affirmation des Attributs d'Allah ﷻ
L'imam Mouslim était sur la voie des prédécesseurs concernant les Noms et Attributs d'Allah ﷻ. Il rapporte les textes affirmant les Attributs sans les détourner ni les interpréter de manière contraire à leur sens apparent.
Les savants ont cité Mouslim parmi ceux qui croient aux Attributs et à l'élévation d'Allah ﷻ.
Parmi les hadiths rapportés par Mouslim figurent : la venue d'Allah ﷻ le Jour de la Résurrection, la manifestation d'Allah ﷻ aux croyants, la Parole d'Allah ﷻ adressée à Ses serviteurs, la vision d'Allah ﷻ, le hadith de la servante à qui le Prophète ﷺ demanda : "Où est Allah ﷻ ?", les hadiths de la descente d'Allah ﷻ au dernier tiers de la nuit, les hadiths affirmant la Main et les doigts, les hadiths affirmant que les deux Mains d'Allah ﷻ sont droites, et les hadiths affirmant l'élévation d'Allah ﷻ.
La règle est d'affirmer ce qu'Allah ﷻ et Son Messager ﷺ ont affirmé, d'en connaître le sens, mais de s'abstenir de chercher la modalité. Allah ﷻ descend d'une descente qui convient à Sa majesté, sans que l'on cherche a savoir comment.
La vision d'Allah ﷻ
Les croyants verront leur Seigneur le Jour de la Résurrection et au Paradis. Les mécréants, eux, seront voiles de leur Seigneur.
Allah ﷻ dit : "Non ! Ils seront ce jour-la voiles de leur Seigneur." Le fait que les mécréants soient voiles prouve que les croyants ne seront pas comme eux.
Mouslim rapporte le hadith de Souhayb, selon lequel lorsque les gens du Paradis entreront au Paradis, Allah ﷻ leur dira : "Voulez-vous que Je vous accorde davantage ?" Ils repondront : "Ne nous as-Tu pas éclairci les visages ? Ne nous as-Tu pas fait entrer au Paradis ? Ne nous as-Tu pas sauvés du Feu ?" Alors Allah ﷻ levera le voile, et ils ne recevront rien de plus aimé que de regarder leur Seigneur.
La plus belle récompense est le Paradis, et le supplement est la vision du Visage d'Allah ﷻ.
En revanche, Allah ﷻ ne peut pas être vu dans ce bas monde par les yeux à l'état d'éveil. Lorsque Moussa demanda à voir Allah ﷻ, Allah ﷻ lui dit : "Tu ne Me verras pas."
Le Prophète ﷺ lui-même n'a pas vu Allah ﷻ avec ses yeux dans ce bas monde. Les versets mentionnant la vision concernent la vision de Jibril dans son apparence reelle. 'Aishah declara que celui qui pretend que Mouhammad ﷺ a vu son Seigneur a profere un enorme mensonge contre Allah ﷻ.
Lorsqu'Abou Dharr demanda au Prophète ﷺ : "As-tu vu ton Seigneur ?", il répondit : "Une lumière ; comment pourrais-je Le voir ?" Cela signifie qu'il y avait une lumière qui empêchait la vision.
Dans l'au-delà, les croyants verront Allah ﷻ. Ce sera le plus grand de leurs delices.
L'intercession
Les gens de la Sounnah affirment l'intercession avec ses conditions.
Le Prophète ﷺ intercedera, et d'autres que lui intercederont également, comme les prophètes, les martyrs et les croyants.
La plus grande intercession est celle du Prophète ﷺ en faveur des gens rassemblés, afin qu'Allah ﷻ vienne juger entre Ses serviteurs, d'une venue qui convient à Sa majesté.
Les gens de la Sounnah croient aussi qu'Allah ﷻ fera sortir du Feu des gens qui y étaient entres a cause de grands péchés.
Mouslim rapporte le hadith dans lequel Allah ﷻ fera entrer au Paradis les gens du Paradis par Sa miséricorde, et fera entrer en Enfer les gens de l'Enfer. Puis Il dira : "Regardez ceux que vous trouvez ayant dans leurs cœurs le poids d'un grain de moutarde de foi, et faites-les sortir."
Ils seront sortis alors qu'ils seront devenus comme des charbons, puis jetes dans le fleuve de la vie, ou ils repousseront comme une graine au bord d'un torrent.
Cela montre que celui qui possede la foi, meme en quantite infime, ne demeurera pas éternellement dans le Feu.
L'imamat, l'autorité et l'obéissance
La question de l'imamat, de l'écoute et de l'obéissance fait partie des sujets de la croyance.
L'imamat est un depot et une lourde responsabilité. Il ne convient pas de le demander. Celui a qui il est confie doit demander l'aide d'Allah ﷻ et s'en acquitter correctement.
Le Prophète ﷺ a dit : "Ne demande pas le commandement. Si on te le donne après une demande, tu seras confie à celui-ci ; mais si on te le donne sans que tu l'aies demande, tu seras aide."
Abou Dharr demanda au Prophète ﷺ de lui confier une responsabilité. Le Prophète ﷺ lui dit : "Ô Abou Dharr, tu es faible, et c'est un depot. Il sera, le Jour de la Résurrection, humiliation et regret, sauf pour celui qui s'en charge comme il se doit et s'acquitte de ce qui lui incombe."
La responsabilité demande force, détermination, justice et capacité a porter un depot.
Celui qui exerce l'autorité avec justice sera dans une position élevée auprès d'Allah ﷻ. Le Prophète ﷺ a dit : "Les justes seront auprès d'Allah ﷻ sur des chaires de lumière, à la droite du Tout Miséricordieux, et Ses deux Mains sont droites."
Le Prophète ﷺ a aussi invoque contre celui qui se montre dur envers la communauté, et en faveur de celui qui se montre bienveillant envers elle. Cela concerne toute personne ayant une responsabilité, meme limitée : dirigeant, responsable, employé, chef de famille ou responsable d'un groupe.
Celui qui trompe ceux dont il a la charge est dans un danger immense.
Obéir dans ce qui n'est pas une désobéissance
L'obéissance aux détenteurs de l'autorité est obligatoire dans ce qui ne constitue pas une désobéissance à Allah ﷻ.
Le Prophète ﷺ a dit : "Celui qui m'obéit a obéi à Allah ﷻ, et celui qui me désobéit a désobéi à Allah ﷻ. Celui qui obéit à l'émir m'a obéi, et celui qui désobéit à l'émir m'a désobéi."
Il a aussi ordonné d'écouter et d'obéir dans la difficulté et la facilité, dans ce que l'on aime et ce que l'on déteste, même si l'on est lésé.
Mais si l'on ordonne une désobéissance à Allah ﷻ, il n'y a ni écoute ni obéissance.
Il n'y a pas d'obéissance à une créature dans la désobéissance au Créateur.
La patience face aux dirigeants injustes
Les textes rapportés par Mouslim montrent la gravité de la révolte contre les dirigeants et de la séparation du groupe.
Le Prophète ﷺ a dit : "Que celui qui voit chez son dirigeant ce qu'il déteste patiente."
Il a aussi dit : "Vous vous acquittez du droit que vous devez, et demandez à Allah ﷻ le droit qui vous appartient."
Si les dirigeants demandent leurs droits mais empêchent les gens d'obtenir les leurs, il reste obligatoire de s'acquitter de ce qui est dû, tant qu'il ne s'agit pas d'une désobéissance à Allah ﷻ, et de demander à Allah ﷻ ce qui revient aux serviteurs.
La révolte contre l'autorité provoque l'effusion de sang, la division, la profanation des choses sacrées et des troubles plus grands que ceux qui existaient auparavant.
L'exemple de l'épisode de Harrah est cité comme une conséquence néfaste de la rupture de l'allégeance. Ibn 'Oumar mit en garde ceux qui rompaient leur obéissance, rappelant le hadith : "Celui qui retire sa main de l'obéissance rencontrera Allah ﷻ le Jour de la Résurrection sans aucune preuve. Et celui qui meurt sans avoir dans son cou une allégeance sera mort comme on mourait à l'époque préislamique."
La règle mentionnée est de patienter, de désapprouver le mal dans son cœur si l'on ne peut pas conseiller par les voies légales sans provoquer de troubles, et de ne pas se révolter tant que le fondement de la religion est maintenu.
Les troubles et l'attachement àu groupe
Houdhayfah ibn al-Yaman interrogeait le Prophète ﷺ sur le mal par crainte qu'il ne l'atteigne. Il demanda ce qu'il fallait faire lorsque viendraient des dirigeants et des prêcheurs aux portes de l'Enfer.
Le Prophète ﷺ répondit : "Reste attaché àu groupe des musulmans et à leur dirigeant."
Houdhayfah demanda : "Et s'ils n'ont ni groupe ni dirigeant ?" Il répondit : "Écarte-toi de tous ces groupes, même si tu dois mordre la racine d'un arbre jusqu'à ce que la mort te parvienne alors que tu es dans cet état."
Le refuge se trouve donc dans l'attachement à la voie prophétique, au groupe des musulmans et à leur dirigeant lorsqu'il existe, et dans l'éloignement des groupes de trouble lorsqu'il n'y a ni groupe légitime ni dirigeant.
Le jihad, la bannière légitime et l'intention
Mouslim rapporte également ce qui montre que le martyr est une aspiration noble et précieuse, mais que sa condition est d'être sous une bannière légitime et avec une intention sincèrement vouée à Allah ﷻ.
Un homme demanda au Prophète ﷺ : "Un homme combat pour les butins, un homme combat pour être mentionné, un autre combat pour qu'on voie sa place. Lequel est dans le sentier d'Allah ﷻ ?"
Le Prophète ﷺ répondit : "Celui qui combat pour que la Parole d'Allah ﷻ soit la plus élevée est dans le sentier d'Allah ﷻ."
Il ne faut donc pas être domine par les emotions, ni excite par quelqu'un qui n'a pas de science. Les questions graves doivent être ramenees aux fondements religieux.
Celui qui demande sincèrement le martyr à Allah ﷻ en recevra le rang, même s'il meurt dans son lit. Le Prophète ﷺ a dit : "Celui qui demande à Allah ﷻ le martyr avec sincérité, Allah ﷻ lui fera atteindre le rang des martyrs, même s'il meurt dans son lit."
Mouslim rapporte aussi la récompense immense de la garde dans le sentier d'Allah ﷻ : une garde d'un jour et d'une nuit est meilleure que le jeûne et la prière d'un mois ; et si la personne meurt, les œuvres qu'elle accomplissait continuent, sa subsistance lui est accordée, et elle sera préservée de l'épreuve.
La réforme du cœur
La législation islamique accorde une grande importance à la réforme du cœur, car le cœur est la base.
Le Prophète ﷺ a dit : "Le licite est clair et l'illicite est clair. Entre les deux se trouvent des choses douteuses que beaucoup de gens ne connaissent pas. Celui qui se prémunit des choses douteuses aura protégé sa religion et son honneur. Et celui qui tombe dans les choses douteuses tombe dans l'illicite, comme le berger qui fait paître autour d'un territoire protégé et qui est sur le point d'y entrer. Chaque roi a un territoire protégé, et le territoire protégé d'Allah ﷻ est ce qu'Il a interdit. Il se trouve dans le corps un morceau de chair : s'il est sain, tout le corps est sain ; s'il est corrompu, tout le corps est corrompu. Et ce morceau est le cœur."
Le cœur est donc central. Si le cœur est sain, les actes suivent. S'il est corrompu, tout le corps est touché.
Parmi les invocations du Prophète ﷺ rapportées par Mouslim figure : "Ô Allah ﷻ, mets de la lumière dans mon cœur, de la lumière dans ma vue, de la lumière dans mon ouïe, de la lumière a ma droite, de la lumière a ma gauche, de la lumière au-dessus de moi, de la lumière en dessous de moi, de la lumière devant moi, de la lumière derrière moi, et accorde-moi une grande lumière."
Cette invocation montre l'importance de demander à Allah ﷻ la lumière intérieure, la rectitude du cœur et la purification de l'être.
Le cœur pur envers les musulmans
Mouslim rapporte également des textes qui montrent l'importance d'un cœur sain envers les musulmans.
Le Prophète ﷺ a dit : "Ne vous enviez pas, ne surenchérissez pas les uns sur les autres, ne vous détestez pas, ne vous tournez pas le dos, et qu'aucun de vous ne vende sur la vente de l'autre. Soyez, serviteurs d'Allah ﷻ, des frères. Le musulman est le frère du musulman : il ne lui fait pas d'injustice, ne l'abandonne pas et ne le méprise pas. La piété est ici."
Et il montra sa poitrine a trois reprises.
Il dit aussi : "Il suffit à un homme comme mal de mépriser son frère musulman. Le musulman est sacré pour le musulman : son sang, ses biens et son honneur."
Allah ﷻ ne regarde pas l'apparence ni les biens, mais les cœurs et les œuvres. Le Prophète ﷺ a dit : "Allah ﷻ ne regarde pas votre apparence et vos biens, mais Il regarde vos cœurs et vos œuvres."
Celui qui garde dans son cœur de la rancune, de la haine ou de l'animosite envers un musulman se prive d'un immense bien.
Les œuvres sont présentées le lundi et le jeudi. Il est pardonne a tout serviteur croyant, sauf à celui qui a de la rancune envers son frère. Il est alors dit : "Laissez ces deux-la jusqu'à ce qu'ils se réconcilient."
Conclusion
L'imam Mouslim fut un imam du hadith, un mémorisateur rigoureux, une référence dans la transmission et un serviteur de la Sounnah prophétique. Sa vie montre la valeur de la science, du voyage pour l'apprendre, de la fréquentation des grands savants, de la vérification minutieuse et du bon comportement.
Son Authentique est l'un des plus grands livres de l'Islam. Il ne se limite pas a transmettre des hadiths : il reflete aussi la croyance de son auteur, fondée sur le Livre d'Allah ﷻ, la Sounnah du Messager ﷺ et la voie des pieux prédécesseurs.
A travers les hadiths qu'il rapporte, on retrouve les grands fondements de la croyance des gens de la Sounnah et du groupe : l'unicité d'Allah ﷻ, l'affirmation de Ses Noms et Attributs sans déformation ni recherche du comment, la foi comme croyance, parole et acte, l'augmentation et la diminution de la foi, la voie intermédiaire entre les Khawarij et les Mourji'ah, la foi au destin, la vision d'Allah ﷻ dans l'au-delà, l'intercession, la prudence face au takfir, l'obéissance dans le convenable, l'éloignement des troubles, la sincérité dans le jihad et la recherche du martyr, la réforme du cœur et la fraternité entre musulmans.
Cette méthodologie est celle à laquelle doit veiller toute personne cherchant le bonheur, la sérénité et la sécurité ici-bas et dans l'au-delà.
Qu'Allah ﷻ nous guide vers Son droit chemin, nous fasse suivre la voie de Son Prophète ﷺ, nous rassemble sous sa bannière, et nous abreuve de son bassin d'une gorgée après laquelle nous ne connaîtrons plus jamais la soif.
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