Rappel8 juin 202621 min de lecture

L’invocation du Qounout : guidée, salut, alliance d’Allah et bénédiction

Un rappel autour de l’invocation du Qounout, de la demande de guidée, du salut, de l’alliance d’Allah, de la bénédiction et de la confiance dans Son décret.

L’invocation du Qounout n’est pas une simple formule récitée durant le Witr. Elle rassemble les plus grands besoins du serviteur : la guidée, le salut, l’alliance d’Allah, la bénédiction et la protection contre le mal.

À retenir

  • La guidée est le plus grand bienfait : sans elle, le cœur reste dans les ténèbres, même si l’intelligence et les moyens matériels sont présents.
  • Le salut et la santé sont des bienfaits immenses qui permettent au serviteur d’adorer Allah, de prier, de s’incliner et de se prosterner.
  • L’alliance particulière d’Allah se recherche par la foi, les bonnes œuvres, l’effort, la sincérité et le retour constant vers Lui.
  • La bénédiction donne stabilité et continuité aux bienfaits : science, temps, enfants, richesse, œuvres et adoration.
  • Le serviteur doit enseigner ces invocations aux enfants et ne jamais les prendre à la légère, car elles peuvent être une cause de droiture pour toute une vie.

Introduction

Parmi les grandes invocations que les musulmans entendent durant la prière du Witr, particulièrement dans l’invocation du Qounout, se trouve cette parole :

« Ô Allah, guide-nous parmi ceux que Tu as guidés, accorde-nous le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé, prends-nous comme alliés parmi ceux que Tu as pris comme alliés, bénis ce que Tu nous as donné, protège-nous du mal de ce que Tu as décrété. Car c’est Toi qui décrètes, et Tu ne subis le décret de personne. Celui que Tu prends pour allié ne peut être humilié, et celui que Tu prends en inimitié ne peut être honoré. Béni sois-Tu, notre Seigneur, et exalté sois-Tu. »

Cette invocation est complète, bénie et immense.

Une invocation enseignée à un enfant

Cette invocation a été transmise par Al-Hassan ibn ‘Ali, le petit-fils du Prophète ﷺ, qu’Allah les agrée.

Il a dit :

« Le Messager d’Allah ﷺ m’a enseigné des paroles que je dis durant le Witr : Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés, accorde-moi le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé… »

Al-Hassan ibn ‘Ali est né la troisième année de l’Hégire. Cela signifie qu’au moment de la mort du Prophète ﷺ, il avait environ sept ans.

Il y a ici une grande leçon : le Prophète ﷺ enseignait les invocations aux enfants.

Les parents doivent donc veiller à enseigner à leurs fils et à leurs filles les invocations du Prophète ﷺ. Il ne convient pas qu’un enfant vive dans une maison pendant des années, parfois vingt ans, sans apprendre ces invocations de ses parents.

Aujourd’hui, lorsque certains grands enfants sont interrogés sur les invocations, on constate parfois un grand manque. Certains ne connaissent même pas l’invocation d’ouverture de la prière, et entendent pour la première fois qu’il existe une invocation appelée ainsi.

C’est un grand manquement.

Les enfants doivent être éduqués sur l’amour du Prophète ﷺ et sur le fait de le suivre dans toutes ses situations.

On peut leur apprendre progressivement :

Comment dormait le Prophète ﷺ ? Que disait-il lorsqu’il s’endormait ? Comment mangeait-il ? Comment s’asseyait-il ? Que disait-il ?

Chaque jour, il est possible de leur enseigner une évocation. Ce sont des actes pratiques qu’ils n’oublieront pas.

Le Prophète ﷺ était à table avec ‘Oumar ibn Abi Salamah, son beau-fils. Celui-ci mangeait, et sa main allait ici et là dans le plat. Le Prophète ﷺ lui dit :

« Ô jeune garçon, prononce le nom d’Allah, mange avec ta main droite et mange de ce qui est devant toi. »

Ainsi, la vie de l’enfant est imprégnée de l’évocation d’Allah, de Son adoration, et son cœur s’attache à Allah ainsi qu’à l’amour du Prophète ﷺ.

L’enfant observe et imite ses parents

Un enfant vit un jour son père prononcer certaines invocations. Il lui dit :

« Ô mon père, je t’ai entendu dire chaque matin et chaque soir : Ô Allah, accorde-moi le salut dans mon corps. Ô Allah, accorde-moi le salut dans mon ouïe. Ô Allah, accorde-moi le salut dans ma vue. Nulle divinité ne mérite d’être adorée en dehors de Toi. Ô Allah, je cherche refuge auprès de Toi contre la mécréance et la pauvreté, et je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe. Nulle divinité ne mérite d’être adorée en dehors de Toi. »

C’est l’invocation connue du matin et du soir.

Le père profita de cette occasion. L’enfant observe son père, le regarde et l’imite.

L’enfant lui dit :

« Je t’ai entendu dire cela chaque matin et chaque soir, trois fois. Pourquoi ? »

Son père répondit :

« J’ai entendu le Messager d’Allah ﷺ la dire, et j’aime suivre sa tradition. »

L’amour du suivi de la Sounnah du Prophète ﷺ était implanté dans son cœur.

L’un des meilleurs moyens d’éduquer est donc d’être un bon exemple.

Lorsque le parent suit la Sounnah, invoque Allah, enseigne les bonnes manières du Prophète ﷺ et les invocations quotidiennes de sa vie, un grand bien peut en résulter.

L’enfant pourra grandir et se rappeler :

« Qu’Allah récompense mon père, qu’Allah récompense ma mère : ils m’ont appris cette évocation, cette invocation, ce hadith. »

C’est ainsi que les parents peuvent exploiter le temps.

Lorsque le père ou la mère conduit les enfants à l’école, ces quelques minutes peuvent servir à leur faire mémoriser une évocation ou un hadith du Prophète ﷺ.

Cela a été expérimenté dans la pratique par certaines mères.

Il faut donc veiller à cela, car ces enfants vont grandir. Ce sont eux qui constitueront la génération future.

Allah dit :

« Allah ne modifie pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. »

“Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés”

La première demande de cette invocation est une demande de guidée.

La guidée est le plus grand bienfait qu’un serviteur puisse recevoir.

Dans la sourate Al-Fatiha, le musulman demande :

« Guide-nous sur le droit chemin. »

Même après avoir relevé la tête de l’inclinaison, le serviteur invoque Allah et Lui demande la guidée.

Sans la guidée, l’homme est mort.

Allah dit :

« Celui qui était mort et que Nous avons ramené à la vie… »

C’est-à-dire par la guidée, par la foi et par le Coran.

Puis Allah dit :

« …et à qui Nous avons assigné une lumière grâce à laquelle il marche parmi les gens, est-il semblable à celui qui est dans les ténèbres, sans pouvoir en sortir ? »

C’est la lumière de la guidée.

Le serviteur doit donc exprimer sa dépendance envers Allah en Lui demandant la guidée, car la guidée est un bienfait venant d’Allah.

Combien de gens possèdent l’intelligence et la sagacité, mais ne sont pas guidés ?

Ils sont allés dans l’espace, ils ont exploré les profondeurs des océans, mais ils ne connaissent pas leur Seigneur.

Allah dit au sujet des Thamoud :

« Quant aux Thamoud, Nous les guidâmes, mais ils préférèrent l’aveuglement à la guidée. »

Allah leur avait montré la chamelle comme signe clair. C’était une guidée visant à leur montrer le chemin.

Mais la guidée véritable est celle qui mène à la réussite, celle qui pousse à œuvrer conformément à ce que l’on a appris.

La vraie guidée, c’est que le cœur contienne la vénération d’Allah, la conscience qu’Allah observe Son serviteur, l’amour d’Allah et la crainte d’Allah.

Cette guidée est une lumière qu’Allah dépose dans les cœurs.

Allah dit :

« Celui qu’Allah veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l’Islam. Et celui qu’Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et gênée, comme s’il montait vers le ciel. »

C’est pourquoi le serviteur ne peut pas se passer de demander la guidée à Allah.

Il ne doit pas dire :

« Cela vient de mon intelligence, de ma science, de ma droiture. »

Allah dit :

« Sans le mérite d’Allah sur vous et Sa miséricorde, nul d’entre vous ne serait pur. Mais Allah purifie qui Il veut. »

La guidée nécessite aussi des causes.

Allah dit :

« Ceux qui luttent pour Nous, Nous les guiderons assurément sur Nos sentiers. »

Avec l’invocation, le serviteur lutte contre lui-même pour rester droit et obéissant.

À la mesure de l’effort fourni, il obtient ce qu’il recherche. À la mesure de ce qu’il donne et de sa patience, Allah fait descendre sur lui Son soutien et Sa guidée.

Allah dit :

« Nous les guiderons assurément sur Nos sentiers. Et Allah est avec les bienfaisants. »

Cela mène jusqu’au degré où le serviteur adore Allah comme s’il Le voyait.

Lorsque le serviteur dit :

« Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés »,

cela signifie : guide-moi et place-moi dans le groupe de ceux que Tu as guidés : les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux.

Et quels excellents compagnons que ceux-là.

Dans cette parole, il y a aussi le fait de ressentir que l’on n’est pas seul sur le chemin de la guidée.

Il ne faut pas être trompé par le petit nombre de ceux qui empruntent ce chemin, ni par la multitude de ceux qui s’égarent.

Allah a comblé de Ses bienfaits les prophètes, les véridiques, les martyrs et les vertueux.

Dire :

« Parmi ceux que Tu as guidés »,

c’est aussi demander à Allah d’être parmi ceux qu’Il a déjà guidés.

Cela aide à ne pas se sentir seul lorsque les compagnons sont peu nombreux et lorsque peu de gens aident à adorer Allah.

Cette invocation contient aussi une manière de se rapprocher d’Allah par Sa bonté passée.

C’est comme si le serviteur disait :

« Ô Allah, Tu as déjà guidé ceux que Tu as guidés dans le passé, alors guide-moi, ô Seigneur. »

De la même manière, le musulman dit :

« Ô Allah, fais les éloges de Mouhammad et de la famille de Mouhammad comme Tu as fait les éloges d’Ibrahim. »

“Accorde-moi le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé”

Après la demande de guidée vient une seconde demande :

« Accorde-moi le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé. »

Le Prophète ﷺ a dit :

« Demandez à Allah le salut, car nul n’a reçu, après la certitude, un bien meilleur que le salut. »

La certitude est la guidée complète.

Le salut, c’est-à-dire la préservation et la santé, est un immense bienfait.

Grâce au salut, le serviteur peut adorer Allah, marcher vers la mosquée, s’incliner et se prosterner devant Allah.

Un homme avait eu un accident et une fracture à la colonne vertébrale. Les médecins avaient décidé qu’il devait rester allongé sur son lit, sans bouger, jusqu’à ce que la fracture se consolide. Il ne pouvait pas bouger pendant six mois.

Lorsqu’il fut visité, il dit :

« Par Allah, maintenant, je ne souhaite rien d’autre que de pouvoir m’incliner et me prosterner devant Allah. Je désire m’incliner et me prosterner. »

Pourtant, beaucoup peuvent négliger les prières obligatoires et les prières surérogatoires sans ressentir ce bienfait immense qu’est le salut.

La valeur de ce bienfait apparaît lorsque la maladie touche le serviteur ou lorsque l’épreuve le frappe.

Nous demandons à Allah le salut.

Il faut donc utiliser ces moments dans ce qui rapproche d’Allah.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Celui d’entre vous qui se lève le matin en sécurité, en bonne santé dans son corps, et qui dispose de sa nourriture pour la journée, c’est comme si ce bas monde tout entier lui avait été donné. »

Un homme vint un jour se plaindre auprès d’un pieux prédécesseur. Il demandait de l’argent, il était dans le besoin, et il semblait en colère. Le pieux prédécesseur voulut lui rappeler les bienfaits d’Allah sur lui.

Il lui dit :

« Si on te donnait mille pièces d’argent en échange de ta vue, accepterais-tu ? »

Il répondit :

« Non. »

Il lui dit :

« Si on te donnait mille pièces d’argent en échange de ton ouïe ? »

Il répondit :

« Non. »

Il lui dit :

« Si on te donnait mille pièces d’argent en échange de tes mains ? »

Il répondit :

« Non. »

Il se mit ainsi à lui énumérer les bienfaits d’Allah.

Puis il lui dit :

« Je vois en toi des centaines de milliers de bienfaits, et tu viens te plaindre d’un besoin ? »

Le salut est donc un bienfait immense.

Nous louons Allah qui nous a accordé le salut et la guidée.

Lorsque le serviteur dit :

« Ô Allah, guide-moi parmi ceux que Tu as guidés, et accorde-moi le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé »,

il demande deux des plus grands bienfaits.

Même lorsque le serviteur éternue et dit :

« Louange à Allah »,

cela est lié à un bienfait. Certains savants ont mentionné, parmi les sagesses de l’éternuement, qu’il est un signe de bonne santé, qu’il est bénéfique pour le corps et qu’il peut expulser certaines choses nuisibles.

C’est donc un bienfait lié à la santé.

Le serviteur dit :

« Louange à Allah. »

On lui répond :

« Qu’Allah te fasse miséricorde. »

Puis il répond :

« Qu’Allah vous guide. »

Ainsi, la guidée et le salut sont réunis.

Lorsque le bienfait du salut apparaît, le serviteur se souvient du plus grand bienfait : la guidée.

Ces deux bienfaits sont parmi les choses les plus précieuses qu’un individu puisse vouloir ici-bas.

Que peut-il vouloir après la guidée et le salut ?

“Prends-moi comme allié parmi ceux que Tu as pris comme alliés”

Vient ensuite une demande qui rassemble de nombreux biens :

« Prends-moi comme allié parmi ceux que Tu as pris comme alliés. »

Le mot “alliance” est un beau mot.

Lorsqu’une personne est l’alliée d’une autre, cela indique une forme de proximité.

Lorsque Allah prend un serviteur comme allié, Il est proche de lui. Il le protège, le guide, le préserve, le rend droit, l’enseigne, le guérit et lui accorde tout bien.

Allah dit :

« Mon allié est Allah, qui a fait descendre le Livre. Et Il prend en charge les vertueux. »

Celui qui veut qu’Allah le prenne comme allié doit emprunter la voie des bonnes œuvres.

Il existe une alliance générale : Allah a créé Ses serviteurs, Il les nourrit et les abreuve.

Mais l’alliance particulière est celle que le serviteur recherche : qu’Allah le prenne comme allié d’une alliance particulière, qu’Il fasse descendre sur lui une guidée particulière et une protection particulière.

Cela nécessite des efforts.

Allah dit :

« Il est leur protecteur pour ce qu’ils faisaient. »

Allah a lié l’alliance à l’acte.

Il dit aussi :

« Et Il prend en charge les vertueux. »

Et encore :

« Pour ce qu’ils faisaient. »

Donc, plus le serviteur fournit d’efforts, plus l’alliance d’Allah descend sur lui.

Il est rapporté dans certains hadiths et récits que l’aide d’Allah descend sur le serviteur à la mesure de ses efforts.

À la mesure de ce que le serviteur fait, Allah le prend comme allié, car cela prouve sa sincérité.

Le sincère œuvre et fait des efforts. Il essaie, il se repent à Allah, surtout durant le mois de Ramadan.

Il invoque Allah, lit le Coran, prie la nuit, se montre bon envers les gens et fait tout ce qu’il peut pour se rapprocher d’Allah.

Alors descendent l’alliance d’Allah, Sa protection, la droiture et la réussite.

Quelles que soient les difficultés et les épreuves qui atteignent le serviteur, si Allah le prend comme allié, Il ne l’oubliera pas. Allah n’abandonne pas les Siens.

Yousouf, paix sur lui, a été jeté dans le puits, et Allah l’a pris comme allié et l’a sauvé.

Il a été jeté en prison, et il ne trouvait aucun moyen d’en sortir. Celui qui abreuvait le roi oublia de le mentionner auprès du roi. Comment pouvait-il donc sortir ?

Mais Allah l’a pris comme allié.

Allah décréta ce qu’Il voulut. Il montra au roi un rêve que Yousouf interpréta. Puis Yousouf sortit de prison pour accéder à une fonction importante.

À la fin de son récit, il dit :

« Tu m’as donné du pouvoir et Tu m’as enseigné l’interprétation des rêves. Créateur des cieux et de la Terre, Tu es mon allié ici-bas et dans l’au-delà. »

Il avait réellement ressenti qu’Allah l’avait pris comme allié.

De la même manière, le serviteur ne peut pas se passer de son Seigneur, ne serait-ce que le temps d’un clin d’œil.

Il vit parce qu’Allah le prend en charge à chaque respiration. Si Allah le voulait, Il pourrait arrêter sa respiration, et il deviendrait un cadavre inerte.

À chaque battement de cœur, à chaque clignement d’œil, à chaque son entendu, c’est Allah qui prend en charge Son serviteur et qui le guide.

Que dire alors des bienfaits liés à la religion ?

Lorsque Allah mène le serviteur à la prière et à l’adoration, lorsqu’Il lui fait aimer la foi, lorsqu’Il lui accorde d’achever la lecture du Coran durant Ramadan, lorsqu’Il ouvre son cœur aux sens du Coran et à ses subtilités, lorsque cela augmente sa foi, lorsqu’Il jette une lumière dans son cœur et de la crainte jusqu’à ce qu’il pleure par crainte d’Allah : cela fait partie de l’alliance d’Allah avec lui.

Dire :

« Prends-moi comme allié parmi ceux que Tu as pris comme alliés »,

c’est aussi une manière de se rapprocher d’Allah par le biais de Ses bienfaits passés.

Cela permet également de ne pas ressentir de solitude face au petit nombre de ceux qui empruntent cette voie.

Allah a pris les prophètes comme alliés, ainsi que les Compagnons, qu’Allah les agrée. Il n’oublie pas Ses serviteurs ni Ses alliés.

Allah dit :

« Les alliés d’Allah seront à l’abri de toute crainte, et ils ne seront point affligés : ceux qui croient et qui craignent Allah. »

Allah a pris Younous comme allié et l’a fait sortir du ventre du poisson.

Allah a pris Ibrahim comme allié et a fait du feu une fraîcheur salutaire pour lui.

Allah a pris notre Prophète ﷺ comme allié dans toutes ses situations.

À La Mecque, on lui a nui. On a jeté des entrailles de chameau sur son dos. Il a été chassé de La Mecque, combattu, son incisive a été cassée et son visage blessé.

Puis Allah l’a secouru, l’a élevé et a élevé sa mention. Il a conquis La Mecque et a dit :

« Partez, vous êtes libres. »

Les gens sont alors entrés en grand nombre dans la religion d’Allah, et l’Islam s’est répandu à l’est et à l’ouest de la Terre.

“Et bénis ce que Tu nous as donné”

Afin que le bien continue et ne s’interrompe pas, le serviteur dit ensuite :

« Et bénis ce que Tu nous as donné. »

La bénédiction est indispensable. Sans bénédiction, le serviteur ne profite de rien.

La bénédiction indique la stabilité et la continuité. Elle est liée au mot “birkah”, qui désigne un bassin dans lequel se trouve toujours beaucoup d’eau.

La bénédiction est donc un bien constant, ininterrompu.

Certaines personnes ont de la science, mais sans bénédiction : elles n’en tirent aucun profit.

Une personne peut avoir appris de nombreuses questions, avoir mémorisé beaucoup de choses, mais si elle ne met pas en pratique sa science, il n’y a pas de bénédiction.

Un homme peut avoir beaucoup d’argent, mais sans bénédiction. Il ne donne pas en aumône, il ne profite pas réellement de son argent, et il n’y a pas de bénédiction.

Un homme peut avoir des enfants, mais sans bénédiction en eux : il ne leur a pas donné une bonne éducation, il les a négligés, ils deviennent ingrats et causent des problèmes.

Il ne trouve donc pas de bénédiction.

C’est pourquoi il faut rechercher la bénédiction par l’invocation et par l’évocation d’Allah.

Pourquoi le musulman dit-il :

« Au nom d’Allah »

avant chaque acte qu’il accomplit ?

Pour qu’Allah bénisse ses œuvres.

La bénédiction est liée à la mention d’Allah, à l’invocation, à l’obéissance à Allah et à l’éloignement de Sa désobéissance.

Allah dit :

« Allah fait disparaître l’intérêt usuraire et Il fait fructifier les aumônes. »

L’argent illicite n’apporte aucun bien et aucune bénédiction, même s’il est en grande quantité.

Ainsi, lorsque le serviteur dit :

« Et bénis ce que Tu nous as donné »,

il demande la bénédiction dans la science, dans les œuvres, dans le temps béni de Ramadan, dans les enfants, dans les richesses, afin que toute sa vie soit bénie.

Ces demandes réunissent tout le bien :

« Ô Allah, guide-nous parmi ceux que Tu as guidés, accorde-nous le salut parmi ceux à qui Tu l’as accordé, prends-nous comme alliés parmi ceux que Tu as pris comme alliés, et bénis ce que Tu nous as donné. »

“Protège-nous du mal de ce que Tu as décrété”

Après avoir demandé ces biens, le serviteur demande à Allah de repousser les malheurs et le mal :

« Et protège-nous du mal de ce que Tu as décrété. »

Le décret d’Allah est entièrement bon.

Le Prophète ﷺ a dit :

« Le mal ne vient pas de Toi. »

Les savants expliquent donc que le sens n’est pas :

« Protège-nous du mal de Ton décret »,

car tout le décret d’Allah est un bien.

Le sens est plutôt :

« Protège-nous du mal de ce que Tu as décrété »,

c’est-à-dire du mal qui peut atteindre l’homme à travers ce qui a été décrété, selon sa perception.

Par exemple, la maladie ne convient pas à l’homme. Elle est douloureuse pour lui. Mais le fait qu’Allah ait décrété cette maladie est un bien, car Allah efface par elle les péchés, élève les degrés du serviteur et le pousse à revenir vers Lui.

C’est pourquoi les savants ont expliqué :

« Protège-nous du mal de ce que Tu as décrété »,

c’est-à-dire : protège-nous de ce que nous percevons comme un mal dans ce que Tu as décrété.

Quant à Allah, Il ne décrète que le bien.

Gloire et pureté à Lui.

Le serviteur demande donc à Allah qu’Il repousse de lui les maux et les malheurs.

“Car c’est Toi qui décrètes, et Tu ne subis le décret de personne”

Le serviteur exprime ensuite sa dépendance envers Allah :

« Car c’est Toi qui décrètes, et Tu ne subis le décret de personne. »

Si Allah décrète une chose, Il lui dit seulement :

« Sois »,

et elle est.

Personne ne peut repousser Son décret. Personne ne peut s’opposer à Son jugement.

Cette parole exprime la vénération, l’éloge et la dépendance envers Allah.

C’est Lui qui juge entre Ses serviteurs. Il nourrit et n’est pas nourri.

Quel que soit le roi ici-bas, quelle que soit la force ici-bas, cela ne vaut rien face au pouvoir d’Allah.

Cette parole fait naître dans le cœur la certitude dans le décret d’Allah. Si Allah décrète une chose, elle doit nécessairement arriver.

Allah dit :

« Allah est souverain en Son commandement. »

Le Prophète ﷺ a dit à Ibn ‘Abbas, qu’Allah l’agrée ainsi que son père :

« Sache que si toute la communauté se réunissait pour te faire profiter d’une chose, elle ne pourrait te faire profiter que d’une chose qu’Allah a déjà décrétée pour toi. Et si elle se réunissait pour te nuire par une chose, elle ne pourrait te nuire que par une chose qu’Allah a déjà décrétée contre toi. Les plumes ont été levées et les feuillets ont séché. »

“Celui que Tu prends pour allié ne peut être humilié”

Le serviteur dit ensuite :

« Celui que Tu prends pour allié ne peut être humilié, et celui que Tu prends en inimitié ne peut être honoré. »

Cela est lié à la demande précédente :

« Prends-nous comme alliés parmi ceux que Tu as pris comme alliés. »

Celui qu’Allah prend comme allié, Allah l’honore, le protège, l’élève, et personne ne peut réellement l’humilier.

Lorsque l’on regarde la réalité de la communauté, lorsque l’on voit comment les mécréants dominent les musulmans, les tuent et les humilient, il faut comprendre la cause.

Nous demandons à Allah d’accorder un soulagement à cette communauté, de la ramener à Sa religion d’une belle manière et d’unir sa parole sur la vérité.

Mais la cause vient de nous.

Comme l’a dit Ibn al-Qayyim : ne pense pas que l’ennemi a vaincu par lui-même ; c’est plutôt Celui qui protège qui s’est détourné.

La communauté a perdu l’alliance particulière d’Allah.

Sinon :

« Celui que Tu prends pour allié ne peut être humilié. »

Allah dit :

« À Allah appartient la puissance, ainsi qu’à Son Messager et aux croyants, mais les hypocrites ne le savent pas. »

Allah dit aussi :

« Jamais Allah ne donnera aux mécréants une voie contre les croyants. »

Si la communauté avait concrétisé la foi sincère, Allah l’aurait secourue.

Allah dit :

« Ô vous qui croyez, si vous faites triompher la cause d’Allah, Il vous fera triompher. »

La communauté traverse une période, mais la bonne fin appartient aux pieux.

Cette parole place dans le cœur du serviteur l’espérance. Il ne désespère pas, car Allah doit nécessairement honorer Ses alliés.

“Béni sois-Tu, notre Seigneur, et exalté sois-Tu”

L’invocation se termine par un éloge à Allah :

« Béni sois-Tu, notre Seigneur, et exalté sois-Tu. »

« Béni sois-Tu, notre Seigneur » signifie que la bénédiction d’Allah est immense.

« Exalté sois-Tu » signifie qu’Allah est élevé au-dessus de tout défaut et de tout ce qui ne Lui sied pas.

Tout le bien vient de Lui.

« Exalté sois-Tu » est une purification d’Allah de tout défaut. Allah est élevé, établi sur le Trône, au-dessus des cieux les plus hauts.

Gloire et pureté à Lui, exalté soit-Il.

Ne pas prendre les invocations à la légère

Cette invocation est complète, bénie et immense.

Il est nécessaire de l’enseigner aux enfants, afin qu’ils invoquent Allah avec elle.

Le Prophète ﷺ l’a enseignée à Al-Hassan ibn ‘Ali alors qu’il était encore enfant. Il avait environ sept ans à la mort du Prophète ﷺ.

Un enfant de cinq, six ou sept ans peut invoquer avec cette invocation.

Il ne faut pas mépriser cela. Peut-être que cette invocation, ou d’autres invocations qu’il apprend, seront la cause de sa piété et de sa droiture toute sa vie.

Il ne faut donc pas prendre ces invocations à la légère.

Peut-être qu’une invocation sortira du cœur de cet enfant, un cœur pur, et Allah la verra. Peut-être qu’Allah l’acceptera de lui, lui fera miséricorde, et fera de cette invocation une cause de sa droiture.

C’est une affaire immense.

Nous demandons à Allah d’accepter de nous tous.

Nous Lui demandons de nous pardonner et de nous faire miséricorde.

Nous Lui demandons de nous pardonner, de pardonner à nos parents, ainsi qu’aux musulmans et aux musulmanes, aux vivants parmi eux comme aux morts.

Nous demandons à Allah de nous placer parmi ceux à qui Il fait miséricorde et parmi ceux dont les œuvres sont acceptées.

Nous demandons à Allah de nous affranchir du Feu, ainsi que nos pères, nos mères, nos épouses, nos enfants, et tous les musulmans et musulmanes.

Nous demandons à Allah d’accepter de nous tous.

Louange à Allah, Seigneur de l’Univers.

Qu’Allah fasse les éloges et salue notre Prophète ﷺ Mouhammad, ainsi que sa famille et l’ensemble de ses Compagnons.

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